Commercialiser des produits alimentaires est conditionné à de nombreuses règles, notamment pour assurer leur bonne qualité d’hygiène. Des contrôles que le laboratoire départemental des Hautes-Alpes, basé à Gap, est habilité à mener et assure pour le compte de quelque 500 structures du territoire : restaurants, commerces de bouche, supermarchés, cantines, etc.
Il recherche principalement trois pathogènes : listeria, salmonelle et Escherichia coli. La demande d’analyses concernant cette dernière bactérie a fortement augmenté depuis plus d’un an et avec l’arrivée d’un nouveau client. Ne pouvant réaliser ces analyses sans un thermocycleur – une machine d’analyse dite « PCR » (pour « Polymerase Chain Reaction » ou « réaction en chaîne de polymérage » en français) –, le laboratoire a acquis un deuxième appareil à l’automne 2025. « En avoir deux nous permet d’améliorer notre fonctionnement et d’assurer une continuité de service en cas de panne », indique Pierre-Louis Heus, directeur de cette structure du Département.
Concrètement, l’équipe du laboratoire – qui compte 28 collaborateurs – s’en sert pour passer au crible les échantillons de ses clients (lait cru, fromage cru…).
Un brin d’ADN ou d’ARN de la bactérie
« Nous partons d’un brin d’ADN ou d’ARN de la bactérie. Nous regardons si nous trouvons sa paire dans le produit fourni, comme dans le jeu du Memory », précise le responsable. Après être resté un certain laps de temps à une température donnée, l’échantillon est placé dans la machine PCR. Il est alors monté en température et confronté à la séquence ADN ou ARN connue du pathogène.
L’opération est réitérée plusieurs fois, selon un nombre de cycles prédéfini – d’où le nom « thermo » pour chaleur et « cyleur » pour cycles. Après l’ensemble des répétitions, si l’ADN ou l’ARN de la bactérie n’a pas été détecté, le résultat est négatif et le client peut commercialiser son lot de produits en toute sérénité. S’il est en revanche trouvé, de nouvelles analyses sont réalisées pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un faux positif. En cas de confirmation, le client doit détruire son lot.
L’objectif du laboratoire départemental des Hautes-Alpes est de prochainement généraliser l’utilisation du thermocycleur aux analyses concernant la listeria et la salmonelle, principales sources de toxi-infections alimentaires collectives en France et dans le monde.
Généralisation imminente de la méthode
« La méthode PCR est tout aussi efficace que l’actuel process en boîtes de pétri. Le rendu des résultats s’obtient cependant en un à deux jours de moins, souligne Pierre-Louis Heus. Ce gain de temps est précieux pour les clients, qui décrocheront ainsi plus tôt le feu vert pour la vente de leurs produits. » Pour ce faire, le laboratoire doit obtenir une certification spécifique auprès du Comité français d’accréditation (Cofrac). Une demande sera déposée en ce sens d’ici 2027.
Depuis sa création en 1969, le laboratoire départemental des Hautes-Alpes a aussi une tradition vétérinaire. Outre les contrôles en hygiène alimentaire, il est aussi sollicité pour réaliser des analyses sur des animaux, d’élevage ou de la faune sauvage, ainsi que des contrôles de la composition du lait et de sa qualité. L’équipe propose également à ses clients des conseils et formations sur mesure (plan de contrôle, traçabilité, procédures dites « HACCP », bonnes pratiques d’hygiène…).
« Nous ne sommes que deux laboratoires publics en France, avec celui du Jura, à mener l’ensemble de ces activités », indique Pierre-Louis Heus.
Une pluridisciplinarité qui fait sa spécificité et se révèle d’autant plus précieuse dans un territoire comme les Hautes-Alpes, où l’élevage est l’activité agricole la plus développée.
Le laboratoire départemental en chiffres
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337 237
analyses réalisées en 2025
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57 439
analyses en microbiologie (hygiène alimentaire)
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28
collaborateurs
Cet article est extrait du Magazine Hautes-Alpes le Mag
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Magazine départemental: Hautes-Alpes le Mag n°82 Avril 2026