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Publié le – Mis à jour le
Capable de braver des températures oscillant entre -20°C et +41°C. Aux anges dans des environnements saturés à 85 % d’humidité. Dévoreuse de sang, ou hématophage pour les puristes. Son physique ? Peu ragoûtant. Non, nous ne sommes pas en train de brosser le portrait du comte Dracula, vampire ô combien connu. Mais d’un acarien qui voit dans le printemps (mais aussi l’automne) l’une de ses saisons favorites, synonyme de vie. La tique. L’an passé, on l’a même retrouvée en haute altitude, faisant de bouquetins son garde-manger. Pour le moins étonnant, au point que les gardes du parc national des Écrins ont jugé bon d’en informer le laboratoire départemental vétérinaire et d’hygiène alimentaire.
L’utilité de la petite bête sur terre ? « Mis à part transmettre des maladies… » Quand on parle de tique à Pierre-Louis Heus, directeur du labo, il peine à lui trouver des qualités.
Sans être alarmiste, il appelle à la vigilance. Sa principale recommandation ? S’ausculter sous toutes les coutures (en insistant sur les parties chaudes et humides, y compris sous les sous-vêtements qui ne constituent en rien un obstacle) après une balade. Surtout si vos pas vous ont conduit en forêt, au travers d’herbes hautes, des endroits fréquentés par les animaux (d’élevage ou sauvage : porcins, caprins, bovins, lapins, ongulés…). Même chose pour nos fidèles compagnons à quatre pattes. La raison de cette vigilance : la maladie de Lyme, entre autres.
« Si la tique reste accrochée moins de 24 heures, les risques de transmission sont faibles », Pierre-Louis Heus, directeur du Laboratoire départemental vétérinaire et d’hygiène alimentaire
Selon le programme Citique, 27 % des tiques analysées étaient porteuses d’un agent pathogène pour l’humain. Le hic, c’est qu’à la simple vue, impossible de savoir si une tique est porteuse de maladie. Alors dans le doute, toutes dans le même panier.
Et si l’une d’elle s’est accrochée à vous, par piqûre sans que vous ne le sentiez pour cause d’anesthésie locale, le mieux est de l’enlever direct. « Si elle reste accrochée moins de 24 heures, les risques de transmission sont faibles », rassure Pierre-Louis. Passé 48 à 72 heures, là, par contre, ce n’est plus la même histoire. On passe au stade élevé. Alors non, on ne tire pas dessus (même avec une pince à épiler) sous peine de laisser la « tête »* et si ça arrive, hop chez le médecin, histoire de prévenir plutôt que de guérir.
Donc on ne tire pas dessus et on n’exerce pas de pression autour de la petite bête pour l’aider à sortir. 1, parce que ça ne sert strictement à rien. 2, parce qu’au contraire vous allez contribuer à l’expulsion du contenu de ses glandes salivaire, potentiellement contaminée. Tout ce qu’on ne veut pas en somme.
Pas 36 solutions pour se débarrasser de cet hôte indésirable en train de se délecter de sang : le tire-tique. Qui va extraire, contrairement à ce que laisse suggérer son nom, par rotations. Et ça c’est primordial. Une fois bien retirée et la zone concernée bien nettoyée (au savon, par exemple), il ne suffit pas d’écraser l’indésirable, parce que là vous aurez de forte chance de ne lui faire éclater que l’abdomen (l’espèce de boule qui une fois repus constitue l’essentiel de son corps). Car contrairement à nous, un harakiri n’entraîne pas la mort de la tique. Ce que préconise Pierre-Louis ? « Leur écraser la tête ».
Morale de l’histoire, le tire-tique est sur le point de devenir votre meilleur ami, si ce n’est pas déjà fait.
*Étude de milliers de tiques, entre 2017 et 2019, par des scientifiques de l’Inrae, l’université de Lorraine, de VetoAgro Sup et de l’Anses.
** En réalité une tique n’a ni yeux ni tête, ce que nous appelons tête est formé d’une espèce de harpon, le rostre, qui s’enfonce dans la peau pour atteindre le sang.
Maladie de Lyme et tique, le duo infernal
La tique est souvent associée à la maladie de Lyme, la borréliose de Lyme pour être précis. Selon les derniers chiffres de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et maladies professionnelles (INRS), entre 40 et 100 cas pour 100 000 habitants, en France. Qu’on se rassure, les Hautes-Alpes ne font pas partie des zones les plus touchées, contrairement à l’Alsace et la Lorraine, l’Auvergne, le Limousin, Rhône-Alpes et la Franche-Comté.
Les symptômes ? « Des problèmes articulaires fréquents, neurologiques plus rarement, très exceptionnellement mortels », explique Pierre-Louis Heus, directeur du laboratoire départemental vétérinaire et d’hygiène alimentaire. Si vous constatez sur votre corps un rond rouge auréolé d’un cercle (érythème migrant), alors allez consulter un médecin qui pourra le cas échéant décider d’un traitement antibiotique. Il est important de signaler que la maladie peut se déclarer des semaines plus tard. Pour tout savoir rendez-vous sur l’intranet dans la rubrique santé au travail où vous attend une fiche thématique dédiée.
Stéphanie Cachinero
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