Une marche d’approche à travers bois et au dénivelé bien trempé. Une paroi impressionnante dominant la vallée de la Durance. Des grimpeurs qui s’apprêtent à partir à l’assaut des voies du site d’escalade de Ventavon. Des voies qui viennent tout juste d’achever leur campagne de sécurisation, pour les 20-30 prochaines années. Ce qu’a à voir IT05 ici ? Sans l’accompagnement du service Grands sites, Énergie et Biodiversité du Département, ce projet n’aurait sans doute pas eu la même saveur.
Les activités de pleine nature dans le giron d’IT05 sont, en effet, une réalité depuis 2013. Un champ d’action méconnu, quasi tombé aux oubliettes. Raison pour laquelle la machine a été « relancée assez récemment », confie Mathias Viallet, aux manettes d’IT05. Résultat, en 2023, le dispositif d’ingénierie territoriale du Département fait officiellement son entrée dans le Plan départemental des espaces, grands sites et itinéraires (Pdesi). De quoi « poser les choses noir sur blanc », souligne Claire Lang, référente biodiversité au sein du service.
Pour autant, Claire et Marianne Bissol, en charge pour sa part des activités de pleine nature, n’ont pas attendu jusque-là pour mettre leur savoir au service des communes.
Nouvelle compétence, besoin d’assistance
Preuve en est justement à Ventavon. Nous sommes en 2020. La commune doit sécuriser son site d’escalade. Parce que oui, il s’agit là d’une compétence des maires, qui peuvent voir leur responsabilité engagée en cas d’accident. Si défaut d’entretien se fait jour…
Comment s’y prendre ? Quel prestataire choisir ? Difficile de savoir quand on n’est pas un spécialiste. La commune de Ventavon se tourne donc vers le Département. Avec l’aide de Marianne et une subvention départementale de plus de 11 000 €, les voies entament alors leur campagne de rajeunissement. « En concertation constante avec les ouvreurs et ‘‘équipeurs’’ locaux ».
Une démarche primordiale pour « conserver le patrimoine que nous ont légué les ‘‘ouvreurs’’. Nous avons juste apporté quelques modifications afin de rendre les voies accessibles au plus grand nombre. C’est aussi un prérequis qui tient à cœur au Département », explique Marianne.
L’escalade à Ventavon, de A à Z
Voilà comment a commencé ce qui s’est vite révélé comme une entreprise herculéenne à l’échelle d’un petit village de 540 âmes.
2023, la communauté de communes du Sisteronais Buëch reprend le flambeau. Mais à nouvelle compétence, pas évident d’être opérationnel sur le champ.
Tout naturellement, la comcom’ se tourne, elle aussi, vers le Département. Et Marianne en particulier, grimpeuse passionnée. De quoi marquer le début d’un énorme travail d’état des lieux de ses sites d’escalade. Le tout doublé d’une étude de fréquentation afin de savoir si tous étaient pertinents. Ventavon ? Ça passe. Le projet prend alors une autre dimension : parking, sécurisation de l’ensemble des voies, signalétique de sécurité et directionnelle… Et le Département, là, en appui technique de A à Z : aide à la rédaction d’appel d’offres, études environnementales (site classé Natura 2000 et connu pour sa richesse avifaune), recherche de subventions* (37 500 €), suivi des travaux, formation en matière d’entretien des voies.
Ce qu’en disent les grimpeurs ? Ça envoie bien, à en croire les chiffres des compteurs : 4 377 passages depuis le début de l’année, contre 3 244 en 2023. Alors tous ne viennent pas se confronter au mur de Béatrice. Mais tous profitent de la beauté des lieux.
Rendre la nature la nature au plus grand nombre, pratiquants, contemplatifs, chasseurs… Mission réussie. Une parmi bien d’autres.
*Jusqu’à 50 % via le Pdesi.
Et les Espaces naturels sensibles, très prochainement
Un pic vert qui frappe frénétiquement un tronc de son bec. Une petite grenouille qui se fige entre les herbes immergées du lac de Mison, estampillé Espace naturel sensible. Sanctuaire de biodiversité qui invite à la contemplation. « Les ENS ne doivent pas être considérés comme un lieu synonyme d’interdiction. Au contraire, ils sont ouverts à tous. Leur vocation est de donner à découvrir, à voir et à comprendre », explique Claire Lang, chargée de mission activités de nature au Département.
Et comprendre la nature, c’est mieux en appréhender les enjeux et l’importance de la protéger. Sans oublier que l’homme fait partie de ce tout. C’est en tout cas la philosophie des ENS. Dans les Hautes-Alpes, le tout dernier schéma départemental, adopté en session départementale le 14 avril, en dénombre 48. Et c’est très prochainement qu’ils devraient intégrer le catalogue d’IT05, à part entière. Claire est d’ailleurs en train de travailler sur une fiche spécifique. L’objectif : accompagner les gestionnaires adhérents ; de l’aménagement de l’existant à, pourquoi pas, la création de nouveaux espaces.
Stéphanie Cachinero