Culture, Le Département : Les Archives dénichent un nouveau trésor dans le Queyras

Des minutes de notaires du Guillestrois-Queyras, du XVIIe siècle pour les plus anciennes, des noms inconnus au bataillon, des registres en cuir et autres parchemins. C'est un véritable trésor qu'ont découvert les Archives départementales.

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Une femme au milieu d'une allée de vieux registres au page jaunies. - Agrandir l'image, fenêtre modale
Après un traitement spécifique et une décontamination dans les règles de l’art, les minutiers sont désormais conservés aux Archives. ©Stéphanie Cachinero / Département des Hautes-Alpes

Il est des coups de fil qui marquent. Celui-là en fera sans doute partie. Parce qu’in fine, 30 m linéaires d’écrits inédits ont rejoint les rayonnages des Archives départementales. Des minutiers notariaux centenaires révélateurs d’informations jusque-là inconnues : des noms et généalogies de notaires.

Printemps 2025, la mairie de Château- Ville-Vieille contacte les Archives. Elle vient de vider une vieille maison qui autrefois appartenait à un notaire. Intrigués et flairant le potentiel, Pierre Fabry, directeur des Archives, et Marc Cambray, chargé des archives des communes, font le déplacement.
Là, des dizaines de coffres en peau de sanglier datent d’un autre temps. Des registres tout aussi anciens, aux reliures de cuir, en parchemin. D’autres plus récents, aux couvertures pareilles à celles de livres, ici incrustées de fleurs, là plus sobres, ou encore archi-bariolées.

Décontamination feuille par feuille

À première vue des minutiers de notaires, reflet de la vie dans le Guillestrois-Queyras, du XVIIe au XIXe siècle. Leurs pages, écrites à la plume.
Dans quelques marges, des petits dessins (une poule, un militaire), l’empreinte d’une plante (quand le registre prenait des airs d’herbier) et même des petits potins mondains. Partout, une couche de poussière à noircir les mains et des traces de moisissures, qui ont été jusqu’à réduire par endroit le papier en poudre.

Quelques semaines plus tard, Christine David, relieuse et restauratrice, et Aurélie Laporte, en charge des fonds d’État et registres notariaux, prennent le relais. Verdict après leur visite : « Tout sortir au plus vite », se souvient Christine. Et de détailler : « Tout était entreposé dans un local technique de la ville, entre un transfo et des panneaux de signalisation. »

Face à l’ampleur de la tâche, choix est fait de s’adjoindre les forces d’un prestataire spécialisé. Sa mission ? Décontamination puis dépoussiérage, feuille par feuille.

Une trentaine de juristes identifiés

Le 25 mars, les 30 m linéaires (en mode patte blanche) finissent par arriver aux Archives. Aurélie et Christine s’assurent de la salubrité des écrits et entament un préclassement, par noms de notaires, ou à défaut par commune. Une trentaine de juristes différents ressortent, parfois les homonymes d’une même lignée, sur 3-4 générations, voire plus.

Reste à affiner tout cela avant de rendre ce trésor consultable par le public : un travail de fourmis qui pourrait prendre plusieurs mois, les autres missions des deux agents ne pouvant être mises entre parenthèses.

Après quoi, les documents dévoileront, petit à petit, leur contenu. Cela ne fait aucun doute pour les agents, « les minutes de notaires sont très demandées et étudiées ». Tout vient à point à qui sait attendre.

Stéphanie Cachinero

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