Autonomie : Une nouvelle oreille tendue aux sourds et malentendants

Elle vient de faire son entrée au Département. Elioz, LA solution plébiscitée par les premiers concernés, les sourds et malentendants. À retrouver dans tous les points d'accueil de la collectivité.

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©Stéphanie Cachinero – Département des Hautes-Alpes

Elle fait figure d’autorité. Elle est la plus connue, la plus utilisée au quotidien. Bref, c’est un banger incontestable et incontesté. Et elle s’invite désormais au Département. Au guichet d’accueil, mais également par téléphone. Elioz.
Un changement qui donne le sourire aux Haut-Alpins qui s’expriment au quotidien en langue des signes. Et pour cause, Elioz, ils connaissent depuis un bout de temps. « C’est une solution qui est très utilisée du côté de Toulouse, connue comme capitale des sourds au regard du dynamisme de sa communauté sourde », souligne Élisabeth, référente sensorielle au sein de la Maison de l’autonomie et interprète en Langue des signes (LSF).

Au-delà de la notoriété

Ce qui fait la force d’Elioz, au-delà de sa notoriété ? « Cette solution ne fait appel qu’à des interprètes professionnels, forts d’une formation de 5 ans et de la déontologie qui va avec. C’est un gage de confiance », explique Élisabeth. Pas de réinterprétation au programme. Juste de l’interprétation, fidèle.
Mais Elioz, ce n’est pas uniquement la LSF, c’est aussi le « langage parlé complémenté »* (LPC) et la transcription écrite. Et là, ça peut intéresser énormément de monde : les oreilles un peu âgées ou un peu moins performantes, rapidement gênées par le bruit ambiant, peuvent désormais compenser par la lecture. De quoi élargir le champ de l’accessibilité du Département.

Pour le moment, les personnes désireuses d’utiliser Elioz pour communiquer avec le Département doivent télécharger l’appli sur leur smartphone et créer un compte, histoire d’avoir accès à un interprète (LSF, LPC et transcription) par écran interposé. Gratuitement, le Département payant pour eux ce service (budget annuel de 7600 €). Archives départementales, Musée muséum, Maison des solidarités…, les agents d’accueil de 15 sites du Département ont été formés. Reste encore quelques ajustements logistiques à mettre en place. Mais les bases sont posées pour que l’accessibilité devienne encore davantage une réalité, un droit.


*Code gestuel qui permet une meilleure compréhension des sons qui ne sont pas lisibles sur les lèvres, comme faire la différence entre un B et V.

Stéphanie Cachinero

Les aides et services en faveur de l’autonomie