Environnement : Le Buëch passé au crible de la caméra thermique

L'opération devait avoir lieu l'an passé. Elle s'est finalement déroulée début juillet : le relevé thermique aéroporté des Petit et Grand Buëch. L'objectif, mettre en relief des zones de refuge pour la biodiversité et comprendre leurs liens avec les eaux souterraines.

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©Stéphanie Cachinero – Département des Hautes-Alpes

« Ça reste un vrai cours d’eau. Il y a plein de choses à voir, des alluvions, des endroits froids… » C’est le sourire aux lèvres que Jean-Baptiste, chargé d’études au sein de Scimabio, bureau de recherches et d’expertises pour la conservation de la biodiversité aquatique, débriefe, début juillet, avec Pascal, technicien de rivière du Département. Jean-Baptiste vient de passer un peu plus d’une heure à survoler les Petit et Grand Buëch et leur jonction.
Une opération qui aurait dû avoir lieu l’an passé, mais repoussée pour cause de météo. Ce coup-ci, c’est passé malgré un incendie à Die, qui en fin de journée, a un peu compliqué la donne. « Il n’aurait pas fallu que ce soit comme ça tout du long », confirme Jean-Baptiste.
Mais alors, pourquoi attendre l’été et toutes ses contraintes ? « Pour que le contraste eaux chaudes, eaux froides soit le plus marqué possible et rendre la lecture des résultats à la fiabilité irréprochable. »

Produire des données pour mieux comprendre

Et Pascal de dérouler : « L’objectif avec ce relevé thermique est de déterminer les points les plus frais du cours d’eau : de potentielles zones de refuge pour la biodiversité. Ces mesures, nous allons les mettre à disposition de tous les acteurs, décideurs publics, fédération de pêche, syndicat de rivière, Agence de l’eau, Office français de la biodiversité, les structures gérant les canaux d’irrigation… Nous nous plaçons en producteur de données. De quoi mieux comprendre le fonctionnement de la rivière, ses relations avec les eaux souterraines et aider à la prise de décision au regard de la gestion et préservation du milieu aquatique », explique Pascal. Et sa sensibilité au changement climatique, ajoute Emmanuelle Chavallier de Scimabio.

Coût de l’opération, 30 000 € (avec le soutien de l’Agence de l’eau), qui sera d’ailleurs accompagnée d’une fine analyse des relevés. Le modus operandi ? Un survol en ULM équipé d’un appareil photo qui déclenche en continu et d’une caméra thermique.
Pour la calibrer, des bouées rouges, bien visibles depuis les airs, jalonnent le cours d’eau passé au crible. À leur extrémité, plongées dans l’eau, des sondes, comme des thermomètres, le tout lesté d’un ou plusieurs pavés. Une vingtaine répartie sur près de 20 km. Des points réfléchis en amont avec le bureau d’études, mais aussi la fédération de pêche ou encore le Smigiba*.
Mais parfois, les températures bouillonnantes de ces dernières semaines en ont décidé autrement : des points devenus secs en quelques jours : « Nous avons pourtant eu de belles pluies en mai, mais là le Buëch s’effondre », souligne Éric du Smigiba. D’ici quelques mois, les résultats analysés montreront où subsistent encore des refuges pour la biodiversité. Des données précieuses pour discuter, de concert, de l’avenir du Buëch.

*Syndicat de rivière en charge de la compétence Gemapi, gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations.

Stéphanie Cachinero

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