Il y a des photographes du réel — Dorothea Lange qui traque la dignité dans la détresse, Sabine Weiss qui capte la tendresse du quotidien, Vivian Maier qui observe en silence les vivants dans la rue. Il y a des photographes de l’imaginaire — Dora Maar qui fait du réel le matériau du mystère, Lee Miller qui traverse les miroirs, Brooke Shaden qui peuple ses images de rêves éveillés. Et il y a Marlène MAHALATCHIMY. Elle ne choisit pas entre les deux. Elle voit les mondes derrière le monde — ce qui palpite sous la surface de l’eau, ce qui habite la lumière, ce que contiennent les choses avant qu’on les nomme. Ses photographies ne capturent pas un instant : elles traversent les couches du visible pour en ramener quelque chose d’autre. Une main dans une nébuleuse. Une silhouette fondue dans un port. Une statue née d’une cascade. Avec Marlène MAHALATCHIMY, la réalité n’est jamais qu’une porte entrouverte. Cati Antonelli
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