Conséquence de l’incendie qui a frappé le Bois Noir et la forêt domaniale du Fournel, trois routes départementales ont été fermées à la circulation dans ce secteur ces dernières semaines.
Une forêt plantée précisément pour stabiliser le versant
‘‘Il faut savoir que cette forêt a été plantée précisément pour stabiliser ce versant de montagne’’, note Jean-Marie Bernard, Président du Département. ‘‘La végétation ayant brûlé, le risque de chute de blocs rocheux a augmenté et il a fallu au Département – avant de prendre quelque décision relative à la circulation sur ces axes – faire évaluer l’impact de l’incendie sur la stabilité des talus en amont de ces routes départementales.’’
Une évolution défavorable de l’aléa d’écroulement
C’est le bureau d’études Géolithe qui a été missionné par le Département pour réaliser ce travail. Il a rendu ses conclusions en ce milieu de semaine et note en outre ‘‘une évolution défavorable de l’aléa d’écroulement selon les mécanismes suivant :
> la combustion de la végétation superficielle va libérer des compartiments initialement retenus par le couvert végétal. Ce mécanisme s’applique principalement aux pierres et petits compartiments de faibles volume, inférieurs à 0,2 m3 ;
> la combustion des racines associée aux lessivages des sols dans les fissures, favorisant alors l’infiltration des eaux. Ce mécanisme a pour effet l’augmentation directe de l’aléa d’écroulement pour les compartiments de volumes compris entre 0,2 m3 et quelques m3 ;
> la dilatation des roches en raison de la chaleur de l’incendie, avec pour effet de créer de nouvelles fissures et d’augmenter le volumes de vides dans les compartiments lors de la phase de refroidissement des roches et donc de rétractation des volumes (ce phénomène est très peu fréquent en raison de la propagation de l’incendie en atmosphère ouverte, il ne peut donc se produire que très localement mais ne peut être exclu).
‘‘L’incendie est passé rapidement sur les parois rocheuses massives, réduisant alors les impacts des mécanismes décrits ci-dessus’’, poursuit Marcel Cannat, vice-Président du Département chargé des routes et Président du Sdis 05. ‘‘A l’inverse, l’incendie a pu évoluer plus lentement dans les couloirs mixte roche/sol/végétation, laissant du temps à l’incendie de faire monter les températures des roches. En conséquence, le risque concerne davantage des blocs de taille moyenne. Par ailleurs, certains arbres vont encore tomber, entraînant de nouveaux blocs, et le risque sera accru en cas de pluie’’.
L’étude menée par Géolithe fait apparaître que le risque de chute de blocs n’est pas le même sur l’ensemble des routes départementales du secteur.
‘‘Au regard de ce que nous disent les experts, nous pouvons rouvrir les RD 138a et RD 38b à la circulation’’, poursuit Marcel Cannat. ‘‘La RD 38, en revanche, doit faire l’objet de travaux complémentaires de sécurisation avant sa réouverture.
Travaux de purge et installation de blocs de béton sur la RD 38
En l’occurrence, de travaux de purge et l’installation de blocs en béton armé afin de recueillir les éventuelles chutes de blocs. Ensuite, elle pourra être rendue à la circulation – certainement au cours de la semaine prochaine – sous surveillance, moyennant un alternat de la circulation et elle restera interdite aux deux-roues.’’
Ce secteur restera en outre sous surveillance lors des prochaines intempéries. D’une part par le service des routes du Département, qui sera mobilisé pour le patrouiller et assurer une veille sur la situation et d’autre part en collaboration avec le service de restauration des terrains en montagne (RTM) pour l’évaluation de l’évolution des instabilités.