Culture, Environnement: Quand le Musée passe au crible son impact environnemental
Une légère brise fait chanter les aiguilles des mélèzes qui, dans un dernier effort, se parent de jaune et d’orange. D’ici quelques semaines, elles se laisseront choir pour ne renaître qu’au printemps prochain. À leur pied, les arbustes ont déjà troqué leur vert pour de vives couleurs rougeoyantes.
C’est l’automne au milieu de la réserve biologique des Ayes, près de Villar-Saint-Pancrace. Un itinéraire d’un peu plus de 7 km qui vous fera alterner entre sentiers forestiers, rives protégées du lac de l’Orceyrette et prairies. Une succession de tableaux impressionnistes, plus vrais que nature.
Arrivé sur le parking de Plan Peyron, une seule chose à faire : aller à contre-courant de la plupart des gens, à l’opposé du lac. Sur le chemin forestier, un discret sentier invite à prendre de la hauteur à travers bois. Racines sinueuses, troncs tarabiscotés presque fantasmagoriques, mélèzes majestueux et autres pins cembro, l’une des stars de la balade. La lumière insolente de l’été a laissé sa place à une ambiance plus douce où l’heure dorée sonne à chaque instant.
S’immobiliser quelques instants et ouvrir ses oreilles. Et là, le silence des voix donne à entendre l’eau qui ruisselle ici et là, les feuilles des arbres qui dansent, les oiseaux qui signalent leur présence tout en restant invisibles la plupart du temps.
Un peu plus loin, les montagnes commencent à se laisser entrevoir, jusqu’à s’imposer au regard. Immenses, imposantes. Le Petit Puy, le Pic de Jean Rey et celui de Peyre. Et en contrebas, le lac entre turquoise et azur.
Soudain, changement d’ambiance : le sentier est devenu chemin, la forêt s’est faite prairie, parsemée de petits chalets comme posés là par inadvertance. Un pas après l’autre, toujours plus bas, jusqu’au pied du lac. Instant Instagram, histoire de.
Pas question de prendre la route forestière. Rejoindre l’autre rive, celle qui reste à l’ombre des mélèzes en pleine métamorphose automnale. Et le sentiment de ne pas rejoindre tout de suite la civilisation. Même si par beau temps l’Orceyrette reste prisé des visiteurs à la journée, posés les pieds dans l’eau comme en donne envie l’été indien. Suivre le torrent éponyme, encore un peu, et plonger de nouveau dans la forêt plus clairsemée. Retour à Plan Peyron, les yeux pleins de mille couleurs, rouge, feu, or.
Stéphanie Cachinero