Pas question pour le Musée muséum départemental (MMD) de rester sur le quai. C’est à pieds joints que toutes ses équipes ont sauté dans le train de la transition écologique. Aux commandes, le Conseil international des musées (Icom) qui leur a ouvert grand les portes d’une aventure. Avec eux, 14 autres musées* situés un peu partout en France : Paris, Strasbourg, Rennes, Bordeaux, Saint-Louis (La Réunion) … Un projet baptisé « référentiel carbone ». L’objectif ? Embarquer sur le chemin de la décarbonation le monde muséal. Dans toute sa diversité, en zone rurale ou dans des grandes villes, abritant tel ou tel type de collection…
De quoi faire du MMD le fer de lance des musées en zone de montagne, accueillant une multiplicité d’œuvres et devant relever des défis, tels que la conservation de spécimens naturalisés… Et surtout faire de lui la future référence de sa catégorie.
Objectiver les données
Alors quand cette occasion s’est présentée à Agathe Frochot, directrice du MMD, c’est sans hésiter qu’elle a accepté. Un enthousiasme qui a instantanément gagné l’ensemble de ses équipes. Et pour cause, « la question de la transition écologique est présente dans nos pratiques depuis un bout de temps. Nous réutilisons, par exemple, notre mobilier scénographique pour continuer à le faire vivre d’une exposition à l’autre. Nous sommes aussi en train de réfléchir à la manière de mutualiser nos déplacements avec les Archives départementales et d’autres musées haut-alpins dans le cadre de prêts d’œuvres. Nous avons pas mal d’idées qui demandent encore à mûrir pour réduire l’impact de nos activités sur l’environnement. Mais jusque-là, nous n’avions jamais eu l’opportunité de l’objectiver avec des données précises », confie la directrice. Et c’est précisément ce que va permettre le « projet référentiel carbone », piloté par des experts en la matière.
Consommation énergétique, performance du parc immobilier, production de déchets…
Pas de grandes idées abstraites au programme. Mais du concret qui passe par une minutieuse phase de collecte d’informations : consommation énergétique, performance du parc immobilier, production de déchets, usages numériques, analyse comptable des achats… La cible ? L’année 2024. La mission pour le MMD ? Compiler un maximum de données, avec notamment le concours d’autres services du Département. La trame ? Un questionnaire ultra détaillé capable de calculer simultanément la production de gaz à effet de serre. Un questionnaire qui prévoit même les situations où « vous êtes perdu, aucun cas ne correspond à votre situation ».
Participer à cette démarche aiguise notre œil »
Agathe Frochot, directrice du Musée muséum départemental
Et en cas de grosse galère, le coup de main fait partie du package : « Les transporteurs d’œuvres avec lesquels nous travaillons sont censés nous fournir sur leur facture la quantité de CO2 émise. Chose dont nous n’avions même pas connaissance. Nous avons donc reçu pour nous aider une trame de mail rappelant cette obligation. De là nous avons fait parvenir un courriel à nos prestataires afin de récupérer cet élément. Participer à cette démarche aiguise notre œil », souligne Agathe. De quoi changer les perspectives « et nous interroger encore davantage sur l’empreinte que nos métiers laissent sur l’environnement ». Au printemps prochain, tout deviendra encore plus tangible quand le MMD recevra son bilan carbone détaillé et mis en perspective. Les bonnes pratiques pourront percoler dans d’autres musées. Les leviers de progression seront mis en lumière. Toujours aux côtés de l’Icom, sur le chemin de la transition écologique. À suivre.
*Les musées membres de l’Icom sont par ailleurs marqués du sceau de musées de France.
Stéphanie Cachinero
Consultez aussi…
Consultez aussi…
-
Économie, Environnement: Département bio : Agriculture, le poumon vert des Hautes-Alpes
-
Environnement: Sur les sentiers, à la faveur de l’automne
-
Aménagement du territoire, Culture, Environnement, Sports: Un jeu pour découvrir le Noyer, grand col au cœur sensible