Routes et mobilités : Paul Marquis, modèles météo et lame de déneigeuse

Ses prévisions météo font sa renommée sur les réseaux sociaux. La presse, les pompiers des Bouches-du-Rhône ou encore la Ville de Gap les sollicitent très régulièrement. Et entre deux conférences sur le changement climatique, il répond présent en tant que déneigeur volontaire. Rencontre avec Paul Marquis.

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Un homme assis dans la cabine d'un camion de déneigement. - Agrandir l'image, fenêtre modale
Paul Marquis, déneigeur et prévisionniste. ©Stéphanie Cachinero / Département des Hautes-Alpes

Ce qu’on remarque chez Paul Marquis ? Sa silhouette élancée. Puis son débit de parole. Coulant à flot, avec rapidité et passion. Une passion faite homme en ce météorologue de 35 ans, 10 ans de déneigement volontaire au sein du Département au compteur. Un engagement aussi chez les pompiers des Bouches-du-Rhône qui lui a valu une médaille d’honneur en 2021. Une breloque décernée par le ministère de l’Intérieur « pour service exceptionnel ». Son moteur ? La nécessité « de se sentir utile ». Son oxygène. Celle qui le booste à chaque sortie « à 4 heures du matin », sourit-il.
Mais pas seulement. De son propre aveu, le jeune homme aime aussi sortir de sa zone de confort. « Se mettre en difficulté, c’est ce qui fait avancer dans la vie. » Aux manettes de la lame des camions de déneigement, « il arrive qu’on ait froid et faim. Mais on sait qu’il faut continuer à travailler. Rester concentré et calme pour ne pas accrocher les panneaux signalétiques ou un conducteur », raconte celui qui « n’aime pas spécialement se lever » avant l’aurore. « Mais on s’habitue. »

Pédagogie sur les réseaux sociaux

Dormir peu, ça peut faire partie du jeu, comme cette soirée de la Saint-Sylvestre 2020/2021. Un joli 18 heures/minuit, au milieu d’un col de Manse verglacé au possible et des fêtards en perdition sur le bas-côté. Dodo, puis de nouveau à son poste à 5 heures le lendemain matin.
« Les gens ne se rendent pas compte et ne comprennent pas toujours comment fonctionne la viabilité hivernale », confie Paul. Alors de temps en temps, il partage son aventure de déneigeur volontaire sur les réseaux sociaux. Un reel par-ci, par-là « à vocation pédagogique » et plus de 450 000 vues pour celui posté le 10 janvier dernier. Le tout accompagné de prévisions météo. Son job, qu’il exerce depuis une dizaine d’années en indépendant.
Mais aussi une passion dont il fait profiter ses collègues en off et lui-même, histoire « d’anticiper au mieux ». La clé pour jongler entre sa mission au service des Haut-Alpins, ses bulletins météo (envoyés à ses clients, agriculteurs, pros de l’évènementiel, offices de tourisme, déneigeurs privés, collectivités) et ses conférences, en collège et auprès du grand public.

« Se mettre en difficulté, c’est ce qui fait avancer dans la vie », Paul Marquis

Il y parle changement climatique, un sujet qui l’habite. Aucune vue de l’esprit ici, juste son regard de météorologue qui repose sur des modèles au parfum de sciences dures, des compilations de données et des constats empiriques : « Entre 2017 et 2020, j’étais appelé 10, 12 fois durant la saison hivernale. Entre 2020 et 2024, la moyenne se situe plus aux alentours de 1 à 2 sorties. Cette année, j’en suis à 4 ou 5. Et ça fait du bien de voir la neige tomber à Gap même si elle ne dure pas. Il n’empêche que c’est un fait : les interventions sont de moins en moins fréquentes. »
Mais tant qu’il sera « utile », il répondra présent en pleine nuit ou juste quand la neige en aura décidé.

Stéphanie Cachinero

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