Économie : Orientations budgétaires 2026 : ambition et vigilance

La pression budgétaire s’accentue pour les collectivités locales et encore plus pour les Départements qui voient augmenter leurs dépenses obligatoires tandis que leurs recettes diminuent. Les Hautes-Alpes bénéficient encore de leur bonne gestion mais doivent être très vigilantes concernant leurs dépenses de fonctionnement.

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©Jean-Luc Armand

Au niveau national, un contexte budgétaire compliqué


La France est confrontée à des contraintes géopolitiques fortes et une croissance faible. Son instabilité politique rend actuellement impossible les réformes structurelles. La dette publique du pays s’élève à 3416 milliards d’euros fin 2024, ce qui représente 113,2 % du produit intérieur brut.

L’effet ciseau : plus de dépenses moins de recettes…


Comme tous les Départements, les Hautes-Alpes ont vu leurs dépenses de fonctionnement augmenter en 2025, à hauteur de 8,3 M€. Entre 2023 et 25, notre collectivité a perdu 11 M€ de recettes alors que ses dépenses ont progressé de 26 M€.
L’effet ciseau est donc à l’œuvre depuis 2 ans, mais le Département a mobilisé ses réserves sur cette période, ce qui lui a permis d’en éviter les conséquences. Ces réserves sont désormais épuisées.

… dont les effets vont durer dans le temps


Le projet de loi de finances 2026 prévoit un gel de la compensation de la TVA (principale recette des Départements) et de la Dotation générale de fonctionnement (DGF). La part patronale de la retraite des fonctionnaires territoriaux (CNRACL) augmentera tout comme la contribution du Département au redressement des finances publiques (Dilico). Les droits de mutation (DMTO) baissent globalement depuis 2022.

Une bonne gestion dans les Hautes-Alpes


L’épargne brute est déterminée par la différence entre les recettes de fonctionnement d’une collectivité et ses dépenses de fonctionnement. Elle permet d’analyser la santé financière d’une collectivité et conditionne sa capacité à investir.
Les Hautes-Alpes étaient en 2024 le 3e Département de France en taux d’épargne brute alors que 35 départements se situent sous le seuil d’alerte.

Des efforts qui ont permis au Département de se désendetter…

L’endettement était très élevé en 2015 (186 M€). Une stratégie de désendettement efficace a ramené ce montant à 122,9M€ en fin d’exercice 2025 (en intégrant un emprunt de 15 M€ en cours de souscription).
Ce niveau d’endettement constitue néanmoins un point de vigilance pour les Hautes-Alpes par rapport aux départements de taille comparable.

… tout en investissant dans le territoire


Nos élus défendent une politique d’investissement très forte. Comme en 2023, les Hautes-Alpes se classent 2e en 2024 en dépenses réelles d’investissement par habitant.
70,8 M€ de crédits de paiement ont été financés en 2025 et le Département a investi 335,6 M€ sur le territoire depuis le début du mandat.

Les engagements pour 2026

Le nouveau contexte financier s’impose durablement aux collectivités. Mais notre Département fera les efforts nécessaires pour maintenir son action et garantir la pérennité des politiques publiques dans les années à venir.
Concrètement, cette ambition se traduira par :
– une politique d’investissement qui restera soutenue avec encore plus de 65 M€ de crédits de paiement en 2026 ;
– la nécessaire maîtrise de nos dépenses de fonctionnement à la seule inflation ;
– un recours limité à l’endettement.

Stéphanie Cachinero