Routes et mobilités : On « décale » avec les pompiers des Hautes-Alpes

Interventions en milieu périlleux, urbain, en rase campagne, sur la route, traitement des appels*, pistage de personnes disparues, incendies.
Qu'ils soient volontaires ou professionnels, les sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes sont sur la brèche H 24, 7 sur 7.

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Un pompier casque sur la tête remonte dans son camion-ambulance - Agrandir l'image, fenêtre modale
En pleine ville, au milieu des badauds, se frayer un chemin et entrer en action au service des victimes. ©Stéphanie Cachinero / Département des Hautes-Alpes

« Vous êtes sûrs que c’est le bon appartement ? », lance un soldat du feu juché à plusieurs mètres de haut, hache noire à la main. « -Oui. Je viens de confirmer avec la petite fille de la victime », lui répond sa collègue. Quelques secondes plus tard, dans l’écho du verre qui se brise, le sapeur-pompier équilibriste a eu raison de la fenêtre. Dans le même temps, un troisième sapeur se saisit d’un brancard. À l’intérieur de l’appartement, un homme en proie à un malaise, cloué dans son canapé. Il sera conduit à l’hôpital de Gap. Ce jour-là, la sonnerie de la caserne gapençaise, qui héberge par ailleurs l’ensemble du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), restera relativement silencieuse. Une journée calme.

Ne pas avoir la main qui tremble

Mais pas assez pour que la manœuvre secours à victime suite à un accident de la route, prévue le matin, puisse avoir lieu. Les hommes et femmes en bleu marine s’exerceront dans des conditions au plus proche du réel un peu plus tard. Quelques carcasses de voitures gisent d’ailleurs sur le « plateau technique de formation ». Certaines ont visiblement fait les frais d’une procédure de désincarcération, histoire de ne pas avoir la main qui tremble le moment opportun. Les interventions doivent être rapides, efficaces, chacun doit savoir quoi faire en un regard. Pas le temps de tergiverser lorsqu’une vie est en balance. Réactivité et précision sont de mise face au feu. « Malgré nos équipements, on ressent très fortement la chaleur. Ce qui peut être très impressionnant voire déstabilisant. Aujourd’hui nous avons la chance de nous préparer en amont. Des années en arrière c’est sur le tas qu’on apprenait », confie l’œil rivé sur sa chienne, l’adjudant-chef Mangiapan, également maître-chien.

Derrière lui, des conteneurs aux parois intérieures couvertes d’une suie noire à l’odeur âcre, puissante. Celui-ci nous sert à l’observation du feu, pour montrer aux recrues comment se comporte le feu. Juste à côté, c’est un module de mise en situation. Des escaliers, des recoins, des prises d’air modulables. Et un mannequin, lourd, inerte, comme le serait une personne inconsciente. « Notre plateau est unique en son genre en Paca, nous accueillons d’ailleurs des sapeurs-pompiers d’autres départements pour leurs entraînements au feu », explique Oriane Pelloux, agent administratif de l’état-major qui nous sert de guide et par ailleurs volontaire.

100 % de pompiers volontaire à La Bâtie-Neuve

Des volontaires (parmi eux plus de 40 agents du Département) indispensables dans les Hautes-Alpes où l’organisation du Sdis repose majoritairement sur eux (95 % des effectifs sur 1200). Une spécificité qui renvoie « au fonctionnement historique » des sapeurs-pompiers, glisse le directeur, le colonel Alain Juge. Un taux qui affiche fièrement les 100 % au Centre de secours de La Bâtie-Neuve.

Occuper un emploi, souvent à temps plein, prendre soin de sa famille et être sapeur-pompier « c’est un engagement hors norme. C’est pour cela que l’accord du conjoint est indispensable. Lorsque les hommes et les femmes (qui représentent 40 % des effectifs, elles sont 35% au niveau départemental) sont d’astreinte, le « bip » peut sonner à n’importe quelle heure. Et à ce moment-là, il faut être réactif tout de suite. C’est pour cette raison que nous proposons une immersion assez longue aux futures recrues, histoire que chacun prenne bien la mesure de la chose », détaille le capitaine Pierre Mancari. Sous ses ordres, 37 volontaires. Leur équipement ? Les mêmes que les pro. Et d’ajouter : « Les personnes à qui nous venons en aide ne font absolument pas le distinguo. Ils ne se posent même pas la question. Il n’empêche que le pompier qui est en train de leur sauver la vie a dû quitter précipitamment sa famille pour venir à leur chevet. »

  • 1 200

    sapeur-pompiers dans les Hautes-Alpes dont 95 % de volontaire s

  • 11 280

    interventions en 2025, +3,57% par rapport à 2024

  • 72 483

    appels au Codis en 2025

Volontaires ou pro, quand les pompiers « décalent » (11 280 interventions en 2025, +3,57% par rapport à 2024), le processus est quasi toujours le même : un coup de fil au 18 ou 112. Et là, c’est au Centre de traitement des alertes que les appels atterrissent. Structure dépendante, dans les Hautes-Alpes, du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (72 483 appels en 2025). Premier filtre : les opérateurs (lieu, nature du sinistre, coordonnées de l’appelant pour pouvoir le rappeler en cas de pépin…). Puis, le système informatique du Sdis évalue, en une fraction de seconde, les moyens disponibles à déployer. Aussi bien matériels (secours à la personne, incendie) qu’humains (les pompiers sont prévenus en direct sur leur bip).
On décale !


*Au 18 et 112

Soldats du feu et Département, une relation étroite

C’est assez peu connu, mais le Service d’incendie et de secours (Sdis) des Hautes-Alpes repose sur une double autorité. Opérationnelle relevant du Préfet, Philippe Bailbé. Et de gestion assurée par le Département au travers de Marcel Cannat.

À ce titre la collectivité départementale verse chaque année une subvention de fonctionnement au Sdis 05. Si cette manne suit généralement la courbe de l’inflation (0,9% en novembre dernier), le Département a décidé d’aller au-delà en votant en décembre dernier une hausse de 1,7 %, soit 8,8 M€ cette année. Un chiffre qui atteignait 8,6M€ en 2025 et 8,5M€ en 2024.

Stéphanie Cachinero

Les aides et services en faveur des routes et de la mobilité

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