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Un peu d’huile dans le creux des mains. Bien en évidence au-dessus de bébé, elles se réchauffent dans un frottement. Puis puis se présentent à lui, comme en lévitation. « Tu veux bien que je te masse », demande maman/papa, quasi visage contre visage*. Le rictus du tout petit devient sourire. Visiblement bébé est OK.
« Masser son nouveau-né, c’est mettre en place un temps privilégié qui n’est ni associé au soin ni au nourrissage. C’est un moment les yeux dans les yeux avec lui, où le parent est 100 % disponible pour lui. Où il prend le temps de découvrir ses réactions naturelles et de les comprendre », explique Christel Bouguidon, formatrice au sein de l’Association de massage pour bébé. Et comprendre bébé, c’est être en mesure de répondre mieux et plus vite à ses besoins. De quoi « renforcer l’estime de soi en tant que bon parent », souligne celle qui est venue partager son savoir durant une semaine avec des puéricultrices et sage-femmes du Département, à la mi-novembre. Un savoir qu’elles diffuseront à leur tour au cours d’ateliers proposés dans de nombreuses Maison des solidarités.
Mais pourquoi apprendre à masser bébé, s’il semble plus que naturel de le toucher, le bisouiller, le papouiller. Justement, les papouilles parlons-en. Pas trop longtemps « Elles sont beaucoup trop stimulantes. Si elles durent trop longtemps, elles deviendront contre-productives. Quand on masse bébé, on ne procède que par une partie du corps à la fois, pour ne pas lui transmettre trop d’informations d’un coup. »
Et à quoi ça sert ? « À la naissance, un enfant pense être un prolongement de sa mère. L’explorer par le massage lui permet de prendre conscience de son propre corps. De la longueur de ses membres, de leur épaisseur. C’est un vrai plus pour développer sa proprioception », déroule Christel.
Aussi, il est primordial de choisir le bon moment. Celui où le nouveau-né sera le plus réceptif. « Un moment où il n’a ni sommeil ni faim. » Une parenthèse durant laquelle chacun comme connecté l’un à l’autre. Car le touché est un sens réciproque. Et faire du bien à bébé et à soi.
Au contact de la peau de leur petit bout, les parents produisent en effet de l’ocytocine. Également appelée l’hormone de l’attachement ou du câlin. Parmi ses effets magiques ? Renforcer le lien affectif et la confiance, réduire le stress. Malgré ses super-pouvoirs, « le toucher reste l’un des sens les moins bien valorisés dans les pays industrialisés. Contrairement aux cultures traditionnelles », confie Christel. Comme en Inde.
Mais avant de prodiguer un massage selon les techniques indiennes, il est un BA.ba indispensable. Que bébé accepte la main de l’adulte. Outre lui demander l’autorisation, il faut l’habituer. Par des mouvements lents, réguliers, et toujours dans le même sens (par exemple de la cuisse au bout des orteils pour le massage indien ou de la cheville au haut de la jambe pour la version suédoise). Des mouvements légèrement appuyés, y compris lors de simples appositions sur le corps de bébé.
Mais s’il commence à s’agiter ou « s’il se met à pleurer, on arrête tout de suite le massage. Il faut être très attentif aux expressions de son enfant, communiquer avec lui. Et bien avoir en tête qu’on ne fait pas un massage sur lui mais avec lui », rappelle Christel.
Une fois tous les prérequis rempli, place au plaisir. Un plaisir tel qu’à la simple vue des mains certains nourrissons expriment très clairement leur hâte.
Et il serait erroné de croire que passé un an, ont arrêté le rituel du massage : « Il existe, en effet, des techniques, où l’enfant est à quatre pattes et même debout », explique la formatrice.
Envie d’en savoir davantage ? N’hésitez pas à vous rapprocher du service de Protection maternelle infantile, dans la Maison des solidarités la plus proche de chez vous. En tout cas, pour ce papa, il n’y a pas photo : « Dans ces moments-là, je suis en véritable symbiose avec ma petite ».
*Les trois premiers mois un bébé voit, en effet, extrêmement mal.
Stéphanie Cachinero