Routes et mobilités : Les « Routes » parées pour affronter les affres de l’hiver

Elle ne commence pas partout au même moment. Par endroits, elle dure un peu plus qu'ailleurs. Elle ne nécessite pas non plus un déploiement de moyens uniformes. Autant de différences au service d'une même cause : la viabilité hivernale. Ou comment assurer les meilleures conditions de circulation et le plus haut niveau de sécurité des usagers, au cœur de l’hiver.

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©Stéphanie Cachinero – Département des Hautes-Alpes

Réglée comme du papier à musique. C’est ce qui vient en tête au moment de qualifier la viabilité hivernale dans les Hautes-Alpes, VH dans le jargon.
Deux lettres pour désigner toute une organisation. Celle que mettent en place les « Routes » durant les mois les plus rudes de l’année. Une organisation spécifique qui vise à faire en sorte que le réseau routier départemental reste fluide, accessible et sécurisé. Bon gré. Et surtout malgré les chutes de neige qui, de temps en temps, peuvent s’avérer intenses, ou encore en cas de verglas, ennemi insaisissable.
Une organisation qui cette année mobilise 167 agents d’exploitation, 43 saisonniers, 126 déneigeurs (volontaires), 34 chasse-neiges, 43 camions (notamment équipés pour la circonstance de dispositifs de salage), une fraise à neige, 4 tracteurs agricoles boostés d’une étrave et 4 usines à saumure. Le tout réparti entre les 5 Antennes techniques (AT) qui maillent le Département : Briançon, Buëch, Gap, Guil et Durance, et Saint-Bonnet-en-Champsaur.

Prioriser les interventions


En guise de chef d’orchestre, le DOVH, dossier d’organisation de viabilité hivernale, établi en 2019. Une cinquantaine de pages qui fixent les grandes lignes. Comme la priorisation des interventions en fonction du type de routes. Allant des « grands axes économiques » (RD 994, 993, 942, 1075, 900b, 1091…) au « réseau d’intérêt touristique majeur », en passant par le « primaire périurbain », de « désenclavement du milieu rural et de délestage », sans oublier le réseau secondaire. Près de 1500 km de routes sur les 1925 que compte le réseau au total (le delta correspondant aux routes fermées durant tout l’hiver).
Y sont également inscrits noir sur blanc les outils d’aide à la décision (une soixantaine de webcams connectées à Info Route 05, des bulletins météo en partenariat avec Météo France, des dizaines de stations météo du Département), le type d’interventions (préventives, curatives), la volonté de concilier au mieux préservation de l’environnement et utilisation de moyens comme le sel, pouzzolane…
Autant de grands principes déclinés dans chaque Antennes techniques (AT) au travers de PEVH, plan d’exécution de la viabilité hivernale. Cinq documents d’une trentaine de pages détaillant les moyens humains, le fonctionnement des astreintes, les zones d’aires de chaînage… Cinq documents recalibré chaque année à la réalité des conditions hivernales.

Le budget VH peut ainsi passer en cas de fort enneigement, comme en 2015, à 4,5 M€ à 1,7 M€ en 2022/2023 et 1,8 M€ la saison dernière.
Ce qui ne varie pas d’un iota en revanche, la mobilisation des équipes. Des hommes et des femmes en permanence pour que les routes haut-alpines restent praticables au maximum.

Stéphanie Cachinero

Les aides et services en faveur des routes et de la mobilité