Héritage. Comme un leitmotiv, une condition sine qua non à la tenue des Jeux olympiques et paralympiques de 2030 (JOP 2030) dans les Alpes françaises et particulièrement dans les Hautes-Alpes. Un héritage dont « on ne dira jamais assez combien il se prépare dès aujourd’hui », rappelait Jean-Marie Bernard, président du Département, le 16 décembre, lors de la session. Ce jour-là, l’élu dévoluard appelait de ses vœux l’adoption de la loi spéciale olympique, entre les mains de l’Assemblée nationale depuis la veille, le 15 décembre.
Quelques jours plus tôt, le mardi 9 décembre c’est aux forces vives haut-alpines qu’il en appelait à l’unité. Elles se réunissaient dans le cadre du Comité exécutif Hautes-Alpes 2030. Une instance unique en terres olympiques dont le Département a délégué le pilotage à son bras armé en matière économique et touristique, l’Agence de développement (AD).
De l’utopie à la concrétisation
Autour de la table, le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop), la Solidéo (société de livraison des ouvrages olympiques), le monde économique, touristique, l’État, la Région Sud, les acteurs de l’économie sociale et solidaire, des athlètes (Alizée Baron et Pierre Vaultier), le monde associatif et sportif…
Et le Cojop de dérouler en préambule la listes des sites théâtres des futures olympiades : Briançon, Serre-Chevalier et Montgenèvre du côté des Hautes-Alpes. L’occasion aussi pour Patrick Ricou, grand argentier du Département et président de l’AD, de rappeler que ce qui, « il y a tout juste quelques mois », résonnait comme une « utopie commence à se concrétiser ».
Au bénéfice de tous les Haut-Alpins
« Du concret qui profitera à tous les Haut-Alpins », s’enthousiasme Jean-Marie Bernard. Du concret qui commence à prendre forme avec une série de travaux sur les RD 1075, 942, 900b et 1091. Plus que bien entamés pour certains, à venir pour d’autres. 100 M€ au total. Du côté de la RN 94, l’État en dira davantage lors du prochain comité exécutif, dont la date reste encore à fixer.
Alors oui, cet héritage « durable » commence à prendre corps sur l’asphalte. Et bientôt sur les ballasts du rail, avec la tant attendue modernisation de la ligne Marseille-Briançon : plus de 300 M€, auxquels « le Département apportera sa contribution financière », confiait son président lors de l’assemblée départementale du 16 décembre.
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100 000 €
de travaux routier dans les Hautes-Alpes
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1Md€
investis conjointement par l’État, la Région Sud et le Département des Hautes-alpes
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2,2Md€
De plus-value attendue dans les Région Aura et Sud
À cela s’ajoutent de grands travaux d’infrastructures conduits par la Solidéo. Par exemple la transformation du fort des Têtes en village olympique ou la création d’une « ligne olympique réservée », entre la gare de Briançon et les fronts de neige de la vallée de la Guisane. Autant de chantiers, qui, dans le respect de la commande publique, devraient profiter aux entreprises locales. Mais aussi aux Haut-Alpins les plus vulnérables, par le biais, notamment, d’une attention toute particulière apportée aux clauses sociales. Sans oublier les clauses environnementales.
“Rester unis”
Tous secteurs confondus, près 1 Md€ seront investis conjointement (Département/État/ Région) à la faveur des Hautes-Alpes.
Sans compter que les Jeux « vont générer des marchés stratégiques et des appels d’offres importants dans les secteurs de la construction, de l’hébergement, de la restauration… », mettait en lumière Frédéric Cavallino, président de la Chambre de commerce et d’industrie des Hautes-Alpes.Selon les estimations du Cojop, le Jeux d’hiver 2030 devraient rapporter près de 2,2 Md€ de plus-value. Une manne à répartir entre les territoires hôtes : les régions Auvergne-Rhône Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Ne reste plus « qu’à rester unis », dixit Jean-Marie Bernard, et appuyer ensemble sur l’accélérateur afin d’être aux rendez-vous de cet événement « historique » qui sera regardé par plus de 3 Md de téléspectateurs.
Les Jeux comme fil conducteur du schéma départemental du sport
« Les Jeux, c’est avant tout du… sport. » Une évidence qu’a rappelée Marine Michel, vice-présidente et conseillère départementale en charge des sports, le 9 décembre. Se tenait alors le tout premier des 4 comités opérationnels, déclinaison thématique du Comité exécutif Hautes-Alpes 2030 dont le Département a confié le pilotage à l’Agence de développement des Hautes-Alpes.
La thématique du jour ? Le sport, on l’aura deviné. Et c’est sur la présentation des grandes lignes du schéma départemental du sport que s’est appuyé cette première. Au-delà de l’annonce d’un vote du schéma en février, ou « au plus tard en avril », tempère Marine Michel, cette rencontre a permis aux acteurs majeurs du sport dans nos montagnes* de se présenter les uns aux autres.
Objectif affiché : développer une véritable synergie entre chaque partenaire territoire. Le but ? Construire à l’unisson l’avenir, en se servant des Jeux comme d’un fil rouge. Des axes de travail n’ont d’ailleurs pas tardé à émerger : comme la nécessité de redonner le goût de la montagne à la jeunesse qui boude de plus en plus nos sommets. Mais aussi l’indispensable besoin de se mobiliser en faveur du freeride, dont le potentiel haut-alpin ne demande qu’à s’exprimer, aussi bien en termes de discipline que de champions.
*Comité départemental olympique et sportif, de sport adapté, club Élite, représentants de l’État, de la Région, des Écoles de ski, de stations, de domaines nordiques…
Stéphanie Cachinero
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