Que le nouveau schéma départemental du sport soit calqué sur les Olympiades : rien de nouveau sous le soleil. Sauf que cette fois, il est question des Jeux d’hiver 2030 qui se dérouleront en partie dans les Hautes-Alpes. Et c’est une première, gravée sur papier le 10 février avec l’adoption du schéma départemental du Sport 2026-2030. « Un guide, une impulsion pour la politique départementale des cinq ans à venir », condense Stéphane Bernard, à la tête du service Jeunesse et sport du Département et cheville ouvrière de ce plan.
Croire que les Jeux sont la seule finalité de ce schéma serait toutefois une erreur : « Ils doivent être considérés comme un catalyseur, une vague sur laquelle surfer, au bénéfice de tout le territoire haut-alpin. Été comme hiver », déroule Stéphane. « Une opportunité majeure pour les Hautes-Alpes » comme le pose le schéma dès l’introduction.
Dans cette logique, pas question de faire table rase du passé. « Des anciens schémas, nous avons gardé ce qui fonctionnait bien. Comme le soutien aux comités sportifs et à plus de 150 clubs locaux. Ce qui représente près de 600 000 € au global. Ce n’est pas négligeable sur un budget global d’1,4 M € », détaille le chef de service. Bien conscient qu’il s’agit-là d’argent public « c’est une gestion au centime près » qu’il met en œuvre au quotidien. Et dans un contexte où les contraintes budgétaires sont toujours plus prégnantes, garder un budget à l’identique pour 2026 est un « symbole fort ».
Élite, amateurs et grands événements
Alors au moment de plancher sur le schéma 2026-2030, trois impératifs se sont imposés à lui : être à la hauteur des ambitions liées aux Jeux 2030, rester réaliste et faire en sorte que le schéma soit réalisable. La dernière fiche action, la douzième, revêt à ce titre une importance toute particulière. La politique sportive départementale, c’est l’affaire de tous les acteurs du sport, comités, clubs, services de l’État… « Il est primordial que chacun prenne sa part, que nous allions tous dans la même direction », souligne Stéphane.
Les Jeux seront sur ce point un atout majeur, grâce au comité Hautes-Alpes 2030 que le Département a mis en place. Décliné en quatre comités opérationnels, dont un dédié au sport, c’est en son sein que l’alchimie haut-alpine a déjà commencé à opérer.
Comment ? En sanctuarisant un espace de « dialogue, de remontée d’informations », la base pour « coconstruire, copartager, coanimer et coréaliser des projets ». Dans un seul but : faire que les Hautes-Alpes deviennent encore davantage une terre « où la pratique du sport (y compris inclusif) s’ouvre à tous. Il est important que les gens sachent que, s’ils veulent monter une section de tel ou tel sport parce qu’il y a des besoins, le Département sera là pour les aider. À l’image de la section ski nordique de sport adapté de Montgenèvre », cite Stéphane en exemple.
Un enjeu de santé publique
Le Département est aussi et sera au côté des élites sportives*, qui, grâce à leurs exploits donnent une belle image de notre territoire et fait souvent naître des envies de se lancer dans le sport. Un enjeu de santé publique dans une France où « d’après les dernières études, un jeune sur cinq s’essouffle au bout de 5 minutes de course. Où la sédentarité va grandissante », s’alarme Stéphane. Et où, plus localement, les jeunes Haut-Alpins boudent de plus en plus le sport en montagne.
L’enjeu ? « Les sensibiliser aux activités de pleine nature été comme hiver. Elles font partie de notre identité. Elles renforcent leur bien-être, leur autonomie et leur lien avec un environnement montagnard exigeant et formateur », déroule Stéphane.
Raison aussi pour laquelle le schéma départemental accorde une place de choix à l’organisation de grands événements, notamment en stations. Histoire de montrer au monde entier qu’elles existent bel et bien et « qu’elles sont aussi bien capables d’organiser de grandes compétions que d’accueillir des sportifs pour leurs entraînements », rappelle Stéphane.
Il y a aussi l’Outdoor Mix, l’Embrunman, le Tour de France… Autant de grands rendez-vous qui participent également à l’attractivité du territoire. Une attractivité qui passe également par un environnement exceptionnel à préserver, partager, connaître, respecter… Ce que s’emploie à développer la fiche 9 dédiée aux sports de nature.
Les grands principes sont désormais posés. Reste à leur donner corps, en héritage pour les générations futures.
*Bourses, team d’athlètes JO 2026-2028 et 2030, ambassadeurs…
Stéphanie Cachinero