Aménagement du territoire, Économie, Routes et mobilités, Sports: Les Jeux d’hiver dans les Hautes-Alpes : un avenir en héritage qui se construit dès maintenant
C’est un vieux monsieur. Fin août, d’étranges machines sont venues rompre la quiétude du tunnel des Ardoisières sur la RD 1091. L’objectif ? Le passer au crible, lui et ses alentours, jusqu’à début octobre. Au programme ? Carottages de 30 à 50 m de long dans ses parois et dans la montagne qui s’est vue traverser de part en part pour l’accueillir en son sein. Analyse détaillée au géoradar histoire de débusquer de potentielles cavités qui se seraient creusées derrière ses murs. Et voir si des nappes phréatiques n’auraient pas eu l’idée de s’inviter dans cette roche en mille-feuille. Une roche friable à souhait encline à se transformer en boues noires au contact de l’eau : des schistes ardoisiers du Lias dauphinois. C’est d’ailleurs de là que le tunnel des Ardoisières tire son nom.
À l’époque de sa construction, en 1860, la RD 1091 était alors une route impériale. Celle du Second Empire de Louis-Napoléon Bonaparte. Depuis les poids lourds et autres SUV ont succédé aux chevaux et charrettes d’antan. Plus larges, plus nombreux aussi. Mais lui, le tunnel des Ardoisières et ses pierres de taille ont perduré dans le temps. Il a bien été élargi d’environ 2 mètres dans les années 1990, côté La Grave. Mais la plupart de ses 585 m de long peinent à atteindre les 6 m de large. Pas de quoi permettre à deux camions de se croiser, pour les voitures, ça passe au cheveu près.
Et c’est comme cela que le Département en a hérité de l’État en 2006. Dans son jus, du haut de ses presque 150 ans.
« On sait qu’il s’agit d’un point dur sur la RD 1091 et qu’il s’agit aussi du seul axe pour rallier La Grave depuis Briançon », confie Fabien Dombrosio, du service ingénierie routière et grands travaux olympiques. Il est certain que de nouvelles interventions devront être envisagées pour que le tunnel des Ardoisières reste opérationnel. Et surtout pour obtenir le blanc-seing de la préfecture qui, elle seule, peut donner son feu vert à l’exploitation de l’ouvrage d’art. Un go qui devra être renouvelé en 2030.
D’ores et déjà, le Département réfléchit à améliorer les choses, notamment grâce à l’installation de feux intelligents évitant à deux camions de s’engager en même temps de part et d’autre des Ardoisières.
De même en cas d’événement, car on le sait, la montagne est de plus en plus sensible au changement climatique, les équipes du Département auront une fine connaissance de l’environnement géologique du tunnel. De quoi leur permettre de maximiser l’efficacité et de gagner en rapidité le cas échéant.
Stéphanie Cachinero