Routes et mobilités : Le Pont des Andrieux, renaissance d’un phénix de métal

Lors de sa dernière inspection, le verdict est tombé : la destruction. Mais c'était condamner trop vite le malade. Après une première intervention d’experts de renom, le pont des Andrieux, dans la vallée du Valgaudemar, reprend du service. Un second souffle pour une nouvelle vie.

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©Stéphanie Cachinero – Département des Hautes-Alpes

Passer entre les mêmes mains expertes que la tour Eiffel. Quand on est un ouvrage d’art tout en métal, cela résonne de façon toute particulière. Et c’est ce dont peut se taguer le pont des Andrieux (type Pratt, à double poutres latérales), sur la RD 985A, entre La Chapelle-en-Valgaudemar et Villar-Loubière. Inauguré en 1932, il permet de rallier le fond de la vallée du Valgaudemar, jusqu’au Gioberney. Dans les Hautes-Alpes, ils sont à peine une dizaine comme lui.


Et depuis quelque temps, il présentait des signes de faiblesse. Raison pour laquelle l’Antenne technique de Saint-Bonnet gardait un œil plus qu’attentif sur lui. Mais lors de sa dernière visite d’inspection, fin 2024, Éric, en charge de la surveillance des ouvrages d’art du secteur, lance la sonnette d’alarme. Sous le pont, sur des éléments structurels, des points de corrosion tels qu’un bras pouvait les traverser. Alerte rouge.
De quoi déclencher une visite d’inspection détaillée. Et là les conclusions du bureau d’études sont encore moins équivoques. Le démantèlement. Alors oui, mais non. Avec ses 24 m de long et 5,7 m de large, sans les Andrieux, c’est toute une vallée qui est condamnée à l’isolement. Impossible d’abandonner le service.

Préserver la Séveraisse


Ni de fermer la route des mois durant pour cause de travaux. Commerces, déneigement, approvisionnement des villages, collecte des ordures ménagères, transport scolaire. Tout ça doit perdurer coûte que coûte (enfin façon de parler, car justement les finances du Département ne sont pas extensibles à souhait). Tout en préservant la sécurité des usagers.


Un casse-tête insoluble ? Loin de là. Après avoir envisagé tous les scénarios, jusqu’à la destruction reconstruction, c’est finalement imposé l’option de la rénovation par des experts des ouvrages en métal. Parmi lesquels la Dame de fer, emblème de la France : la tour Eiffel. « L’opération commando » s’est étalé du 15 septembre au 31 octobre. Le budget, largement maîtrisé, 200 000 €. Une somme, certes, sans comparaison au regard de la reconstruction d’un pont et bien plus rapide aussi. Déviation, fermeture hors heure de pointe histoire de ne pas mettre un coup d’arrêt à la vie de la vallée, dérogation sous contrôle afin de laisser circuler les camions d’approvisionnement (inférieur à 19 tonnes).
Autre contrainte, et pas des moindres, protéger la Séveraisse qui passe par là. Aucune scorie métallique ni aucune poussière de peinture ne doivent venir souiller l’eau. La solution, la réalisation d’une zone de travail totalement hermétique. De quoi démontrer que le Département est capable de se mobiliser rapidement tout en remplissant ses obligations environnementales.
Mais d’autres points de rouille devraient faire l’objet d’un traitement dans une phase II. Sans doute courant 2026. Sans quoi ils poursuivront leur œuvre destructrice.

Stéphanie Cachinero

Les aides et services en faveur des routes et de la mobilité