Aménagement du territoire, Économie, Routes et mobilités, Sports: Les Jeux d’hiver dans les Hautes-Alpes : un avenir en héritage qui se construit dès maintenant
Ce début d’année 2026 sera marqué par la tenue de l’un des plus grands événements sportifs au monde : les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. Un objectif pour nombre d’athlètes, dont plusieurs skieurs et skieuses des Hautes-Alpes, engagés dans les équipes de France de sports olympiques et paralympiques d’hiver.
Pour les accompagner dans leur préparation et valoriser l’excellence sportive du territoire, le Département a créé la « Team JOP 2026 ». Sept athlètes en font partie : Nils Allègre, Nils Alphand, Arthur Bauchet, Camille Cerutti, Flora Dolci, Chiara Pogneaux et Aurélie Richard. Tous ont reçu une aide financière de 3 200 euros, bienvenue pour financer les frais élevés inhérents à leurs entraînements et stages (déplacements, matériel, location de logement, etc.).
Tout autre athlète sélectionné d’ici le début de la compétition recevra également cette subvention, qui s’inscrit dans la politique sportive du Département. Destinée à soutenir et promouvoir le sport de haut niveau, celle-ci est détaillée dans le Schéma départemental du sport, dont une nouvelle version est en cours d’élaboration. Elle couvrira la période 2026-2030 et intégrera des prérogatives liées à l’accueil des Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. Un volet sera dédié à l’accompagnement des pépites haut-alpines, afin de les aider à se qualifier pour cet événement particulier, puisqu’il se déroulera « à la maison ».
Avec pas moins de 3 médailles d’or à son compteur lors des derniers Jeux paralympiques de Pékin en 2022, le paraskieur prodige vise encore plus haut s’il décroche son ticket pour l’Italie et n’a pas dit son dernier mot pour 2030 !
Cinq médailles d’or, pas une de moins ! Telle est l’ambition d’Arthur Bauchet pour les Jeux paralympiques de Milan-Cortina d’Ampezzo, auxquels il espère participer. « J’attends ça depuis la clôture de ceux de Pékin », avoue-t-il. Il vivrait ainsi sa troisième épopée olympique, à seulement 25 ans, et une opportunité d’augmenter son compteur de médailles, déjà à 8.
« Quand tu sais ce que cette expérience procure et peut apporter, tu y penses tous les jours. Mais c’est plus une source de motivation que de pression », estime le paraskieur pluridisciplinaire, qui compte le slalom parmi ses épreuves favorites.
Arthur Bauchet se projette toujours plus loin, jusqu’à l’échéance olympique de l’hiver 2030 dans les Alpes françaises. « J’aimerais y représenter les couleurs des Hautes-Alpes, le département où j’ai pris goût à ce sport lorsque j’étais petit », confie-t-il. S’il continue sur sa lancée, nul doute que ce sera le cas.
À seulement 20 ans, la paraskieuse de Ceillac est engagée sur les 5 disciplines du ski alpin. Elle a de grandes chances d’être sélectionnée pour les Jeux de 2026, tant elle a brillé la saison dernière. Des performances qu’elle doit néanmoins réitérer.
Aurélie Richard le sait : ses très bons résultats de la saison précédente – 12 podiums sur 14 épreuves de Coupes du monde disputées, dont une victoire – n’entreront pas en ligne de compte dans le processus de sélection des athlètes qui représenteront la France aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina d’Ampezzo.
Mais ils lui ont permis d’aborder ce nouvel hiver de compétition de façon sereine, d’autant plus qu’elle revenait tout juste d’une rupture des ligaments croisés. « Le seul point noir a été ma quatrième place aux championnats du monde alors que je visais la victoire », se remémore-t-elle, sans toutefois oublier le reste.
La paraskieuse compte s’appuyer sur sa bonne préparation pour performer sur ce début de saison et ainsi faire partie de la délégation française. Elle débarquerait alors en Italie avec des objectifs ambitieux : « Quatre médailles, dont une en or en descente. »
Les deux skieurs alpins ont déjà goûté à l’aventure olympique en 2022 à Pékin. Une expérience qu’ils espèrent revivre à Milan-Cortina d’Ampezzo, en obtenant cette fois-ci de meilleurs résultats.
Née sous le soleil de Marseille avant de grandir à Nans-les-Pins, rien ne prédestinait Camille Cerutti à dévaler les pentes à ski… Si ce n’est l’amour de ses parents pour les montagnes et la station de Risoul, où ils se sont rencontrés. La jeune sudiste y a ainsi passé ses week-ends durant toute son enfance, commençant les courses à 4 ans à peine.
Vingt-trois ans plus tard, elle tutoie toujours les sommets durant les plus grandes compétitions et espère pouvoir « représenter la France et les Hautes-Alpes » aux JO de Milan-Cortina d’Ampezzo en descente, super-G et géant. Ce serait alors sa deuxième participation olympique, après Pékin en 2022. Une première expérience dont elle garde un goût amer : elle s’est terminée prématurément, après une chute dès sa première épreuve.
« Je veux réécrire mon histoire aux Jeux et en changer la conclusion », s’enflamme-t-elle. Elle s’est pour cela astreinte à une préparation rigoureuse, qui lui a permis de « passer un cap physiquement ». Il ne lui reste plus qu’à conclure lors des qualifications.
Faire mieux en Italie qu’en Chine. Telle est également l’ambition affichée par Nils Allègre, s’il se qualifie pour la grand-messe internationale. Le Haut-Alpin de 32 ans, originaire de Saint-Chaffray, a chaussé des skis dès qu’il a appris à marcher. Il a gardé, lui aussi, un goût d’inachevé de sa première aventure olympique, où il n’a terminé qu’à la 26e place en super-G.
« C’était merveilleux d’être là-bas, mais je n’étais pas à mon meilleur niveau. J’aimerais revivre un tel moment en étant cette fois à mon pic de forme », espère-t-il. Si une déchirure musculaire a entaché le début de sa préparation, le contraignant à écourter un stage au Chili, il reste néanmoins confiant. « Avec l’âge et l’expérience, je sais qu’il n’y a pas vraiment de règles. On peut faire une très bonne prépa et rater sa saison, ou inversement. » Il compte sur ce mental d’acier, dont il ne s’est jamais départi jusqu’à présent, pour sortir victorieux de la phase de sélection.
La slalomeuse de 22 ans a connu une année 2025 compliquée, à la suite d’une opération du dos. Depuis sa reprise, elle se montre plus motivée que jamais pour arriver en Italie à son meilleur niveau.
Sur les douze derniers mois, Chiara Pogneaux en a passé cinq loin des skis. Cette spécialiste du slalom s’est fait opérer en mars 2025 d’une hernie discale, ce qui l’a tenue éloignée des pistes jusqu’à la fin du mois d’août. « Ç’a été long, mais je skie désormais sans gêne ni douleur », se félicite-t-elle. Ce corps neuf, la skieuse originaire de Saint-Chaffray l’a préparé de la meilleure façon possible pour rattraper son retard et être à son meilleur niveau pour cette nouvelle saison, avec les Jeux olympiques d’hiver en ligne de mire.
« Tout le monde rêve d’une médaille et moi la première si je me qualifie », reconnaît-elle. Ce sera également le cas, dans quelques années, lors des JO 2030, dans les Alpes françaises, qui, bien que lointains encore, restent toujours présents dans un coin de sa tête. En attendant, elle aborde cette saison 2025-2026 avec la même motivation que d’ordinaire : être la plus performante possible et montrer toute l’étendue de son potentiel.
Issu d’une famille de champions, ce spécialiste de vitesse souhaite défendre son nom aux Jeux de Milan-Cortina d’Ampezzo et en revenir avec une ou même plusieurs médailles autour du cou.
Chez les enfants Alphand, Nils n’est pas le seul à être champion. Dans cette fratrie – Estelle, Nils et Sam –, tous pratiquent le ski alpin à haut niveau, comme leur père, Luc, avant eux. « On voulait tous suivre ses traces », reconnaît le jeune Briançonnais. Et ce n’est pas rien, puisque le paternel s’est classé premier au général de la Coupe du monde en 1997, entre autres très bons résultats.
Du haut de ses 29 ans, Nils s’est désormais fait un prénom : il a prouvé toute l’étendue de son propre talent en remportant, en 2017, le championnat du monde junior puis en se classant sur plusieurs podiums en Coupes d’Europe et dans le top 10 en Coupe du monde.
Ce spécialise de descente et super-G a mis toutes les chances de son côté pour obtenir sa place dans la sélection française pour aller briller aux JO de Milan-Cortina d’Ampezzo. Et il ne cache pas ses rêves de médaille : « C’est une course d’un jour, donc il faut viser le plus haut possible », avance le jeune skieur, bien décidé à faire encore rayonner le nom des Alphand.