Danser à travers le monde ne lui a jamais fait oublier ses racines haut-alpines. Flavien Esmieu reste profondément attaché au village de Risoul où il a grandi et à ses montagnes. Il revient très souvent dans le département, même s’il reconnaît ne jamais skier : « J’ai toujours eu peur de me blesser », sourit-il. Lorsqu’il était danseur dans une compagnie londonienne, son contrat lui interdisait même de pratiquer ce sport. Plutôt que de dévaler les pistes, il a préféré danser face aux sommets, improvisant parfois dans des champs d’altitude, là où il se sent chez lui.
À 4 ans à peine, il réclame des cours de danse à ses parents, qui le soutiennent sans réserve, tout en se demandant comment les trouver à proximité de chez eux… Il commence par la gymnastique dansée, puis découvre le modern jazz à Guillestre, avant d’avoir une révélation à 10 ans, lors d’un stage à Gap. Un professeur décèle son potentiel et l’encourage à poursuivre dans cette voie. Commencent alors des années de trajets entre Risoul, Embrun, Guillestre et Briançon pour apprendre la danse classique et contemporaine.
Attiré par la danse contemporaine
À 15 ans, Flavien Esmieu quitte les Hautes-Alpes pour Lyon, où il rentre au conservatoire régional, puis au conservatoire national supérieur. Il se sent alors profondément attiré par la danse contemporaine, même si son physique le destine au classique. À l’issue de sa formation, une audition le conduit à Londres et lui permet d’intégrer la compagnie Ballet Boyz. Il y reste six ans. Avec elle, il parcourt le monde, de Sydney à New York en passant par Séoul.
De retour en France en 2018, il danse avec le Ballet de Lorraine, à Nancy, avant de se lancer en free-lance. Aujourd’hui, il alterne créations en théâtre et grands événements. Il a notamment dansé sur la Seine lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2025 ou lors de l’ouverture de la finale du Top 14.
Aujourd’hui installé entre Nancy et Paris, il n’oublie jamais ses racines. Aux garçons des montagnes, Flavien Esmieu adresse un message clair : « Si ça a marché pour moi, ça peut marcher pour d’autres. »