Les sols français sont réputés pour être de véritables archives archéologiques, et ceux des Hautes-Alpes n’échappent pas à la règle. En témoignent les vestiges du site gallo-romain de Mons Seleucus, mis au jour en 1799 à La Bâtie-Montsaléon. Différentes campagnes de fouilles ont permis de définir les contours de cette ville antique, occupée en continu pendant 600 ans, du ier siècle avant notre ère au Ve siècle de notre ère.
Le Musée muséum départemental lui dédie une exposition temporaire, baptisée « Mons Seleucus, carrefour divin ».
Les premiers objets trouvés dans les années 1800
Conçue en partenariat avec l’Inrap* et le service régional d’archéologie de la Drac Provence Alpes Côte d’Azur, elle est à découvrir jusqu’en août 2026.
La ville romaine se trouvait au carrefour de multiples voies de circulation. Elle a donc vu transiter des biens et des personnes venant de l’Empire romain et d’espaces plus lointains comme l’Asie.
Un volet de l’exposition s’attarde sur les fouilles réalisées au cours des deux derniers siècles. Les premières remontent au début des années 1800, après la découverte fortuite des premiers objets sur des terrains agricoles en train d’être labourés. Elles ont rapidement été suivies par une campagne particulièrement fructueuse à l’hiver 1804-1805.
Les surfaces considérables explorées ont fait émerger des vestiges attestant de la présence d’une agglomération dotée de bâtiments civils, notamment une luxueuse domus (maison). D’autres fouilles d’ampleur, en 1836-1837, ont ensuite dévoilé au grand jour l’existence d’un chai témoignant d’une activité vinicole. Il a cependant fallu attendre 2010 et une première fouille préventive, prescrite par l’État et opérée par l’Inrap, pour préciser l’hypothèse d’un site cultuel. Un grand pas, rendu possible grâce à l’évolution des méthodes scientifiques et à la professionnalisation de l’archéologie, confirmé en 2021 par la dernière fouille préventive à date.
Une partie des mobiliers archéologiques révélés pendant les fouilles est présentée dans les 300 mètres carrés de l’exposition, dont certains pour la première fois au Musée muséum. C’est le cas d’une statuette de sanglier en alliage cuivreux coulé ainsi que de trois paires de vases, restaurés pour l’occasion. Ces derniers ont jadis servi de réceptacles à offrandes, contenant tantôt du vin, de l’huile ou du lait, voire même de l’encens venu tout droit du Yémen.
Des pièces phares à admirer
Parmi les autres pièces phares à admirer : un dolium, grande jarre de stockage datant du IIe siècle et exhumée en 1836.
Outre son âge respectable, ce sont ses mensurations qui étonnent : un poids de 435 kilogrammes et une capacité de 2 000 litres. Il a fait l’objet d’une restauration conséquente : il a été dépoussiéré, nettoyé, consolidé et resoclé. Cette opération a représenté un réel défi technique, mené à bien grâce aux équipes du musée et à l’intervention d’experts.
Nombre de vestiges mis au jour ont disparu des radars au fil des décennies. Les seules traces de leur existence reposent sur des dessins, croqués lors des toutes premières fouilles par un ingénieur du nom de Joachim Janson, sortis des fonds du musée et des Archives départementales des Hautes-Alpes. Ils sont exceptionnels par leur qualité esthétique et leur valeur scientifique, puisque les mobiliers originaux ont été dispersés, voire perdus. À ces éléments visuels s’ajoute tout un panel de dispositifs ludiques comme des capsules sonores, une maquette de reconstitution à toucher ou des fac-similés d’objets. Des contenus qui s’adressent à la diversité des publics du musée et qui rendent l’expérience de visite encore plus enrichissante.
*Institut national de recherches archéologiques préventives
Cet article est extrait du Magazine Hautes-Alpes le Mag
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Magazine départemental: Hautes-Alpes le Mag n°80 Octobre 2025
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Adresse : 6 avenue Maréchal Foch 05000 Gap
Horaires : Du 1er septembre au 30 juin :
Du mardi au vendredi de 14h à 16h45
Le samedi et le dimanche de 14h à 17h45
Fermeture le lundi et les jours fériés
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