Hautes-Alpes le mag : En quoi la tenue des JOP d’hiver 2030 est-elle une bonne chose pour la France ?
Edgar Grospiron : Les Jeux d’hiver sont une vitrine pour notre pays. On parle du troisième plus grand événement mondial avec 3 milliards de téléspectateurs, 1 million de spectateurs sur site, 15 000 journalistes, 3 200 athlètes de 95 nations. C’est donc une opportunité pour tous les passionnés de sports d’hiver, qui vont pouvoir vivre cette compétition unique chez eux. Et c’est aussi un moyen de rendre tous les Français, et en particulier les habitants des Alpes, fiers de leur pays et de leurs territoires de montagne.
Qu’est-ce que cet événement va apporter à ces territoires hôtes en particulier, dont les Hautes-Alpes ?
Les JOP 2030 sont une opportunité de transformation pour nos territoires de montagne. Par le regard nouveau que le public sera amené à porter sur eux, mais également par les investissements, en infrastructures notamment, qui y seront réalisés. Le Cojop travaille pour cela main dans la main avec la Solideo (ndlr : l’établissement public en charge de la coordination et de la réalisation des ouvrages liés aux Jeux) et les acteurs du territoire en charge de piloter ces investissements.
Il y a des échanges réguliers, des points d’étape avec les élus et les équipes.
Quelles sont les prochaines grandes étapes concernant l’organisation ?
Nous venons de présenter notre schéma préférentiel des sites, ce qui permet au Cojop d’engager un dialogue approfondi avec les collectivités concernées. D’un côté, pour sécuriser la faisabilité technique et budgétaire de chaque site et, de l’autre, pour formaliser les engagements de chacun dans des conventions précises. L’objectif est clair : valider ces sites en décembre, à l’occasion de la commission exécutive du CIO (ndlr : Comité international olympique, le chef de file du mouvement olympique), et les compléter avec les sites des Jeux paralympiques, l’ovale de patinage de vitesse et les sports et disciplines additionnels, d’ici aux Jeux qui auront lieu l’année prochaine à Milan et Cortina, en Italie.
Nous avons la volonté d’organiser des Jeux responsables, sobres, utiles, vertueux, populaires et inclusifs.
Vous savez que la tenue de ces JOP d’hiver ne fait néanmoins pas l’unanimité, notamment en raison de leur impact environnemental…
Nous avons la volonté d’organiser des Jeux responsables, sobres, utiles, vertueux, populaires et inclusifs. Mais notre ambition est encore plus grande : nous souhaitons embarquer autour d’une vision commune de la montagne en 2050, pour construire un héritage durable grâce à un dialogue avec tous les acteurs du territoire. Les Jeux sont une chance pour la montagne.
On imagine, en tout cas, qu’organiser cet événement a un goût particulier pour vous, qui avez remporté une médaille d’or en ski de bosses lors des derniers Jeux d’hiver organisés en France, à Albertville, en 1992. Quelle a été votre réaction à l’officialisation du retour de cette compétition dans le pays ?
J’ai ressenti une très grande fierté pour la France et la montagne française, même si je n’étais pas impliqué dans la candidature, ayant rejoint le Cojop plus tard. Je suis bien placé pour savoir, comme olympien, ce que les Jeux peuvent apporter à nos territoires, même si les enjeux de 2030 sont différents de ceux de 1992. Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un savoir-faire et une passion restés intacts.
Qu’est-ce qui vous a d’ailleurs amené à prendre ce poste de président du Cojop ?
Quand on m’a sollicité, j’ai d’abord beaucoup réfléchi, car c’est un choix de vie structurant, pour moi et pour ma famille. Mais je reste un olympien et un montagnard attaché à notre territoire ; j’avais donc une responsabilité : ce sont les Jeux, et c’est la France !
Quels sont vos souvenirs les plus marquants de vos participations aux JO d’hiver, à Albertville mais aussi à Calgary, au Canada, en 1988, et à Lillehammer, en Norvège, en 1994 ?
À Calgary, je découvre le monde de l’olympisme à 19 ans. Je prends la 3e place dans une discipline en démonstration. En 1992, après deux titres de champion du monde, j’arrive à Tignes, dans mon pays, avec le statut de favori et je décroche l’or devant 20 000 spectateurs, devant ma famille et mes proches. C’était une émotion indescriptible. En 2030, d’autres champions français auront l’occasion de vivre cela, c’est aussi pourquoi ces Jeux sont une chance !
Cet article est extrait du Magazine Hautes-Alpes le Mag
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Magazine départemental: Hautes-Alpes le Mag n°80 Octobre 2025
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