Les bouquetins des Alpes, premiers ambassadeurs de la sauvegarde de la faune sauvage

Quand on pense protection de la faune sauvage, le premier animal qui vient en tête est souvent le panda emblème de la célébrissime WWF ou Fondation mondial pour le nature. Et pourtant, c'est à un parent de la chèvre que la cause doit beaucoup, le bouquetin des Alpes.

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Au XIXe siècle, « on a frôlé l'extinction pure et simple de l'espèce. Il n'en restait plus qu'en Italie, dans la réserve de chasse du roi Victor-Emmanuel II, située en partie sur le massif du Mercantour. Là où sera établi par la suite le parc national éponyme, l'un des premiers en France », confie Dominique Gauthier, à la tête du Labo vétérinaire départemental, qui, au sortir de l'école de véto, s'est spécialisé dans le domaine de la recherche consacrée aux... bouquetins des Alpes.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Comme le roi italien féru de pratiques cynégétiques disposait des derniers bouquetins au monde, cela n'est pas passé inaperçu, notamment chez ses voisins helvètes. Dans des circonstances qui n'ont pas étaient retenues par l'histoire, des carabiniers suisses se seraient introduits dans la réserve royale afin de ramener avec eux des spécimens en vue d'une réintroduction dans leur pays.

À l'origine de la première loi de protection de la nature

« Le bouquetin a ainsi été l'origine de la première loi relative à la protection de la nature, une loi suisse de 1876. Il est par ailleurs devenu, en quelque sorte, l'ambassadeur de la sauvegarde de la faune sauvage », sourit Dominique qui a participé à la réintroduction du bouquetin dans nos contrées.

Réintroduction qui a débuté dans les années 1960 dans les Cerces, pour se poursuivre en 1970 en Haute-Savoie, et qui s'est étendue à la fin des années 1980 au Vercors et aux Écrins, puis à l'Ubaye dans les années 1990. « Il ne reste plus qu'un seul site majeur en France à rétablir, dans le Dévoluy », explique le spécialiste qui, dans le cadre de ses missions au sein du Laboratoire départemental continue à aller sur le terrain, aussi bien dans le Mercantour qu'en Vanoise, pour veiller sur l'animal le plus emblématique des Alpes, le bouquetin.

Espèce dont la pérennité est aujourd'hui assurée : « de moins d'une centaine d'individus dans les années 1980, nous en comptons désormais plus de 10 000 », se félicite Dominique.