Les agents des collèges, deux ans en mode Covid

Bas les masques le 14 mars dernier. L'affichage d'un allègement sanitaire salutaire pour les agents des collèges. Éprouvés par deux années sous le signe de la pandémie, ils nous partagent leur expérience.

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Le 13 mars 2020, les écoles et collèges de France et de Navarre fermaient leurs portes pour ne les rouvrir que trois mois plus tard, en juin. Période durant laquelle les agents des collèges sont restés mobilisés dans leurs établissements respectifs. Le calme avant la tempête, qui a débuté avec le retour des élèves. « Ils étaient tous en ligne dans la cour, le visage masqué. Cette image terrible restera longtemps gravée dans ma mémoire », confie Catherine, agent d'accueil au collège de Veynes. Une ambiance de fin des temps qui a propulsé « Cathy » et l'ensemble de ses collègues en « première ligne », face au Covid.

Et en guise de fil rouge, des protocoles sanitaires qui évoluaient aussi vite que la pandémie. « Les parents étaient perdus et parfois nous aussi. Or, ils nous posaient tout un tas de questions auxquelles nous nous devions d'apporter réponse au plus vite », se souvient Florent. Depuis sa loge à l'entrée du collège de Tallard, il a, quelque part, contribué au maintien la continuité pédagogique des élèves lors du tout premier confinement : « Certaines familles n'avaient pas d'accès à Internet ou n'étaient pas équipées d'imprimante. Tout en respectant les contraintes sanitaires, nous leur faisions passer les leçons et les devoirs. Ma loge en était remplie. »

Lorsqu'est revenu le temps des cours en présentiel, l'agent d'accueil a été mobilisé en renfort des membres de la vie scolaire. Spray désinfectant dégainé, il enchainait les pulvérisations sur les mains des collégiens. Le geste mécanique. « Nous avons 380 élèves que nous devions faire rentrer en un minimum de temps afin d'empiéter le moins possible sur les cours ». Le soir venu, « on nous demandait d'aérer systématiquement les salles de classe. Comme nous ne savions rien de ce virus au tout début, cela a engendré de la peur chez certains d'entre nous », explique Robert, agent d'entretien et de prévention.

Une cadence effrénée

Les premières semaines, « nous avons aussi préparé individuellement chaque plateau servi au self », se souvient Ingrid, aide de cuisine. Une fois le repas terminé, « nous devions tout désinfecter derrière chaque élève », se remémorent Hélène et Stéphanie, agents d'entretien. Et à Tallard leur nombre frôle les 200. Désinfection également sans faille dans les classes passées au virucide plusieurs fois par jour, « des pieds des chaises aux interrupteurs, sans oublier les poignées de porte et autres rampes d'escalier », racontent, comme si c'était hier, Hélène, Robert, Jean-Claude... Sans oublier les toilettes, dont l'accès était réduit à deux personnes au plus fort de la crise.

Là aussi, après chaque collégien, enseignants, surveillants… s'imposait un nettoyage virucide drastique.
De quoi imposer une cadence effrénée qui donne à imaginer les agents des collèges pareils à Charlot dans « Les temps modernes ».

Le tout dans un accoutrement digne des séries catastrophes (masques difficiles à supporter en plein effort, lunettes de protection promptes à s'embuer en moins de deux, gants...). Même son de cloche du côté d'Aveline, référente plonge au collège de Veynes, qui, à force de répéter « mets correctement ton masque » avait l'impression de se muer en une représentante des forces de l'ordre.

Mais pour tout désinfecter, encore faut-il avoir toujours en stock les précieux virucides. « Nous devions anticiper au maximum, ce qui ce qui était très stressant, surtout au moment où nous rencontrions de vraies difficultés d'approvisionnement », souligne Érika, référente produits au collège de L'Argentière-La Bessée.

Même si les normes sanitaires se sont allégées depuis plusieurs semaines maintenant, les agents des collèges n'ont toujours pas retrouvé leur rythme de travail « normal ». Ce qui se vérifie notamment à l'heure du service en self (allongé, par les circonstances, d'une bonne heure). Dès qu'un collégien tallardien a soif, demande un morceau de pain, un couvert oublié ou du rab, il lève la main et un agent du Département accourt. Les derniers chiffres relatifs aux contaminations, à la hausse, ne présagent d'aucun relâchement pour les agents des collèges qui restent plus que jamais sur le qui-vive.


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