Quand Département et soldats du feu unissent leurs forces au service de tous les Haut-Alpins

Entre le Département et le Service départemental d'incendie et de secours haut-alpin (Sdis 05), c'est une histoire de longue date. À l'origine de cette rencontre, le législateur qui a officialisé l'idylle en mai 1996, avec une loi qui consacre une évolution entamée quelques années auparavant : la départementalisation des Sdis de France et de Navarre.

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Il serait abusif de parler de mariage. Le Service départemental d'incendie et de secours haut-alpin (Sdis 05), à l'image de la quasi-totalité des Sdis de France, entretient une relation étroite avec le Département, tout en gardant son indépendance, en sa qualité d'Établissement public administratif autonome, comme le précise la loi de mai 1996 relative aux Sdis. Loi qui place, par ailleurs, les soldats du feu sous l'autorité du président du Département (fonction dévolue au vice-président en charge des routes, Marcel Cannat, dans les Hautes-Alpes) et du préfet. Le premier s'occupe de la gestion administrative et financière. Le second de la gestion opérationnelle dans le cadre de ses pouvoirs de police.

À ce titre, le conseil d'administration du Sdis 05 est composé de 20 conseillers départementaux (dont le président Cannat), 2 représentants des communes et 4 pour ce qui est des intercommunalités. Le préfet siège également de droit, mais ne dispose que d'un pouvoir consultatif.

* Le nerf de la guerre : l'aspect financier *
Mais revenons à nos liens entre le Sdis et le Département, fondés en premier lieu sur le nerf de la guerre, le financement. Pas d'affectif ici, mais des impératifs marqués noir sur blanc dans le code général des collectivités territoriales. Une absence de sentimentalisme à relativiser : « la contribution départementale est certes obligatoire, mais son montant reste au bon vouloir des Départements », rappelle Karine Garcin-Escobar, directrice générale adjointe (DGA) du pôle Ressources, en charge des relations administratives avec le Sdis05. En l'occurrence, « l'aide n'est pas négligeable », convient le colonel Patrick Moreau, à la tête du Sdis 05. « Sept millions par an, bénéficiant d'une indexation de 1,2 % chaque année », détaille la DGA, la convention 2022/2024 liant le Département et le Sdis haut-alpin sous les yeux.
À cela s'ajoute une enveloppe de 200 000 € par an, « initialement créée pour aider le Sdis à apporter des améliorations thermiques à ses bâtiments, sans oublier leur maintien en opérationnalité. Désormais, les travaux d'optimisation environnementale sont également finançables via cette aide », explique Karine Garcin-Escobar.

Pour les constructions et réhabilitations de plus grande ampleur, le Département est, là aussi, au côté du Sdis, par le biais de subventions accordées aux collectivités locales à l'initiative des travaux, étant propriétaires des casernes. Courant 2022/2023, le casernement de La Grave fera ainsi l'objet d'une réhabilitation financée à hauteur de 35 % par le Département.

* Une mutualisation des moyens et des compétences *
Face à la Covid-19, le Département et le Sdis ont décidé de faire front commun. Notamment pour permettre aux Haut-Alpins d'être dotés de masques de protection, encore indispensables au quotidien. « Nous avons fait bénéficier au Département de notre réseau et de notre puissance logistique pour la distribution de 60 000 masques acquis conjointement », relate le colonel Moreau.

De même, lorsque les remontées mécaniques étaient à l'arrêt dans les stations, les pompiers ont proposé aux communes concernées d'intervenir gratuitement pour venir en aide aux amateurs de peuf qui, en luge ou autres skis de rando, se sont retrouvés en difficulté sur les pentes enneigées. Une gratuité assurée financièrement par la collectivité.
Deux exemples de complémentarité bien loin de marquer un premier coup d'essai, pour le Sdis et le Département, en termes de mutualisation. Dans un domaine plus prosaïque, ces deux « cousins », ont pris l'habitude de regrouper leurs achats de pneus pour poids lourds. De quoi faire baisser sensiblement une facture capable d'atteindre rapidement des sommets. « Nous avons, par ailleurs, une convention avec l'Agence routière départementale (ARD) qui se charge de l'entretien de nos 300 engins roulants », met en exergue le colonel Moreau.

Un partenariat d'autant plus pertinent du fait « de la proximité géographique immédiate que nous avons avec l'ARD, forte d'un savoir-faire en matière de mécanique poids lourd dont nous ne disposons pas », souligne Christophe Boujot en charge des bâtiments et de la flotte du Sdis. Et d'ajouter : « nous rétrocédons en contrepartie un à deux véhicules au Département chaque année ».

Outre des camions réutilisés par les agents des routes au quotidien, l'une des ambulances du Sdis 05 a été rhabillée aux couleurs du Département pour devenir une vitrine ambulante de la collectivité s'invitant ici et là, au gré des événements et fêtes de village (sous la forme d'un car podium).

* Un partenariat dans le cadre de la viabilité hivernale *
Cela remonte « au moins à une vingtaine d'années », se remémore le lieutenant-colonel Éric Noëll chef du pôle métier/missions. En période de viabilité hivernale, les maires haut-alpins disposent, en effet, d'un numéro spécial qu'ils peuvent composer, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, dès qu'ils constatent un souci dans leur secteur (glissement de terrain, chute de pierres, inondation...).

À l'autre bout du fil, un sapeur-pompier du Centre de traitement des appels (CTA dans le jargon) qui fera remonter systématiquement l’information au Département. De quoi permettre à la collectivité de savoir ce qui se passe, quasi en temps réel, sur son réseau routier. « Inversement, dès que les agents des routes mettent en place des déviations, ils nous en avertissent, ce qui est essentiel pour nous, notamment dans le cadre de nos interventions sur le terrain », confie le lieutenant-colonel.

* De la formation pour le compte du Département *
« Environ 35 000 jeunes sur près de 20 générations, soit quasiment un quart de la population des Hautes-Alpes. » Un beau palmarès en termes de formation aux gestes qui sauvent, dont se félicite le patron du Sdis. En effet, pour le compte du Département, les secouristes en bleu marine dispensent leur savoir aux collégiens haut-alpins en classe de troisième.

* Des agents, sapeurs-pompiers volontaires *
Au service des routes, au pôle Cohésion sociale ou encore dans les collèges, une quarantaine d'agents du Département grossissent les rangs des sapeurs-pompiers volontaires.

Ces derniers sont d'ailleurs « autorisés à s'absenter pour répondre aux interventions d'urgence ainsi qu'aux opérations techniques programmées et pour suivre leur formation Sdis », indique Karine Garcin-Escobar, attachée à ce que la collectivité tienne son rôle de « facilitateur ».


Le Sdis 05 en chiffres

  • 1 300 personnels, dont 1 200 volontaires, 70 sapeurs-pompiers professionnels et 30 agents administratifs

  • 37 casernes réparties entre 35 centres de secours

  • 300 engins, tout confondu (véhicules légers, ambulances, grandes échelles, camions citerne incendie...) forment la flottes d'intervention du Sdis

  • 40 agents du Département sont engagés en tant que volontaires aux côtés des pompiers haut-alpins

  • 7M€, c'est la contribution annuelle du Département au Sdis, indexable de 1,2 % par an, comme le prévoit la convention qui lie le Sdis au Département entre 2022 et 2024

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