Les « vigies » du réseau routier départemental

En période de viabilité hivernale, les chefs d'équipe fonctionnels et d'exploitation veillent en première ligne sur le réseau routier départemental : patrouilles sur les routes, déclenchement d’interventions et participation au bulletin « information routière » de 6 h 45 à destination des élus et autres médias locaux. Attachez vos ceintures, en route.

Voir l'image en grand

4h45. Sur des routes encore désertes, Thierry Chighine, chef d'exploitation du Centre technique (CT) de Théüs, entame sa tournée « état des routes ». Hors période anticyclonique, synonyme de léger répit au cœur de la viabilité hivernale (VH)*, le coup d'envoi est lancé une voire deux heures plus tôt.

Avec ses homologues des CT de Gap et de La Saulce, sans oublier les chefs d'équipe fonctionnels, il sillonne, à tour de rôle, les routes départementales du secteur de l'Antenne technique (AT) de Gap, « en première ligne ». Sous leur responsabilité, près de 400 km, entre Barcillonnette et Châteauvieux. « Afin d'être le plus exhaustif possible, nous privilégions les zones requérant une vigilance accrue (ubacs, virages glissants) ne relevant pas des circuits habituels, couverts par les ‘‘équipages’’** avec lesquels nous restons en contact permanent, via radio ou mobile », explique Thierry.

Ce matin, ce dernier décide, notamment, d'aller inspecter cette petite route du réseau secondaire, la RD 11a, près d'Avançon. Fréquentée chaque jour par des bus scolaires, l'enjeu est de taille. D'autant, qu'en hiver, les conditions y sont particulièrement défavorables, avec ces longues portions de bitume emprisonnées sous une épaisse couche de glace. Le gravillonnage y est d'ailleurs programmé tous les deux jours. « Ce qui importe, c'est l'agrippe. En cas de redoux, la glace va fondre et faire corps avec les gravillons. Nous devons veiller à ce qu'il en reste toujours assez en surface », explique Thierry, ultra attentif au moindre détail. Traces de pneus à la trajectoire anormale, poteaux de signalisation amochés, glissières endommagées : autant de signes qui peuvent être les stigmates d'une sortie de route. Au moindre doute, Thierry descend de son véhicule pour s'assurer que tout va bien. RAS, aucun conducteur en détresse en vue.

Tout peut se jouer à la 1/2 heure près

Direction Espinasses. Dans la lueur de ses phares, des amas rocheux se dévoilent. Ni une ni deux, Thierry active ses feux de détresse et débarrasse la chaussée des blocs les plus dangereux. Il sait qu'un équipage doit passer d'ici peu pour faire place nette. Outre les chutes de pierre, Thierry est régulièrement confronté à des cadavres d'animaux : chevreuils, sangliers, blaireaux…. En tant que « premier maillon de la chaîne », c'est à lui que reviendra de mettre l'animal sur le bas-côté et de sécuriser, dans un premier temps, la voie. Interviendront ensuite les patrouilleurs qui se chargeront également de conduire la bête à l'équarrissage.

Mais ce que Thierry et ses collègues redoutent le plus, c'est le verglas, un ennemi sournois et imprévisible . Et là, il est impératif « de déclencher les interventions au bon endroit au bon moment ». Tout peut se jouer « à la demi-heure près », confie-t-il. Les caméras disposées sur le réseau départemental et les bulletins de Météo France s'avèrent, alors, de précieux alliés.

Les jours où les flocons s'annoncent avec certitude, l'agent « état des routes » sait qu'il n'aura pas besoin de battre la campagne. Il activera directement le « mode neige » et chacun saura ce qu'il aura à faire, conformément au Plan exploitation viabilité hivernale (PEVH) qui définit l'organisation générale en période hiémale. En lien étroit avec les chefs d'équipe d'astreinte de l'AT de Gap, lui reviendront la gestion et la coordination des moyens humains (déneigeurs volontaires compris) et des engins. L'objectif ? Pallier les imprévus et faire en sorte que le réseau reste le plus praticable et sûr possible. « S'il y a un souci sur l'un des axes principaux, on détachera momentanément un équipage mobilisé sur le réseau secondaire afin de fluidifier le plus rapidement possible le trafic », détaille Thierry. En simultané, il fera remonter les infos émanant du terrain sur Info Route 05, histoire de renseigner les usagers quasi instantanément.

6 h 15. Le temps presse. Retour au CT de Théüs. Coups de fil aux patrouilles pour un point de situation. Bulletin infos routières complété. Mission remplie.
6 h 45, les médias et élus reçoivent le document, alimenté 7 jours sur 7, à l'échelle du Département, par l'ensemble des agents « d'état des routes ». À cette heure, Thierry et ses homologues ont déjà de nouveau endossé leur casaque de chef d'équipe et s'affairent à d'autres missions. ☐

*La VH s'étend dans les grandes lignes de mi-novembre à mi-mars.

** Binôme à bord des saleuses et unités mixtes.


Ajouter un commentaire

Captcha antispam