La température des rivières, l’indicateur qui en dit long sur leur santé

Depuis mai dernier, le service Eau du Département déploie des sondes de suivi de la thermie sur les cours d’eau stratégiques haut-alpins. L’enjeu ? Mieux comprendre les impacts des changements climatiques sur les milieux aquatiques du territoire.

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Les cibles ? Le Drac (qui alimente Gap en eau potable), le Buëch, la Durance et leurs principaux affluents. Les outils ? Une vingtaine de discrètes sondes thermiques (auxquelles s’ajoutent deux sondes mesurant la température de l’air et de l’ensoleillement) immergées ici et-là. Les dernières viennent d’ailleurs tout juste d'être posées par le service Eau du Département qui intervient là dans le cadre de missions soutenues et financées par l’Agence de l’eau Rhône, Méditerranée et Corse.

Mais pourquoi veiller sur la température de l'eau ? Que nous révèle-t-elle sur la santé de nos rivières ? « Plus elle augmente, moins il y a d'oxygène dans le milieu, ce qui peut être problématique pour la faune et la flore y vivant », souligne Pascal Krieg Rabeski, technicien gestion des cours d’eau. Un exemple concret : dans des eaux dépassant les 20°C, la situation devient critique pour les truites fario, au grand dam du potentiel touristique halieutique haut-alpin.
Ce lundi après-midi d'octobre, en compagnie de Léa Trouillas, apprentie milieux aquatiques, Pascal arpente un petit chemin au-dessus de la Roche-des-Arnauds, direction le petit Buëch. En contrebas de la berge, sur un rocher immergé toute l’année, l'une des fameuses sondes. De l'eau jusqu'à la taille, Léa récupère le petit boîtier, le connecte via Bluetooth au smartphone du service et enregistre les données (une mesure toutes les 15 minutes, 7 jours sur 7).

Aider à la prise de décision

Ces données seront ensuite enregistrées dans une base spécifique, qui, d'ici quelque temps, pourra être exploitée par des experts et apporter des indices sur l'évolution de nos rivières. De quoi permettre de mieux comprendre les phénomènes qui les touchent, comme ces développements d'algues constatés ces dernières années, y compris dans des zones connues pour être normalement préservées.

Il faudra toutefois faire preuve de patience, de telles données ne commencent à livrer clairement leurs secrets qu’au bout de 10-20 ans. De quoi trancher avec l’urgence climatique, dont les bouleversements ont d'ores et déjà touché les Hautes-Alpes (l'exemple le plus emblématique étant, sans doute, la fonte des glaciers). Il n'en reste pas moins que ces données pourront alors s'avérer être de précieux outils d'aide à la décision. En atteste d’ailleurs l'intérêt que suscite cette thématique.

En effet, Pascal, Léa et Séverine Voisin, technicienne de rivière, ne sont pas partis d'une base complètement vierge pour élaborer leur réseau thermie. « Nous nous sommes appuyés sur nos partenaires, qu'il s'agisse de l'Agence de l’eau, de l’Office français pour la biodiversité, des syndicats mixtes gestionnaires de rivières sans oublier la Fédération de pêche haut-alpine et les parcs naturels. L'objectif, à terme, est de les impliquer de plus en plus dans le suivi des données et des sondes », explique Pascal. L’impulsion est donc donnée.


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