Seriez-vous, vous aussi, un aidant qui s'ignore ?

La semaine départementale des aidants, organisée cette année du 29 septembre au 6 octobre dans les Hautes-Alpes, c’est un peu la partie émergée de l’iceberg. En tant que chef de file des solidarités, le Département se mobilise toute l’année pour soulager le quotidien, parfois dévorant, de celles et ceux qui viennent en aide à un proche.

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Orchestrée par l'Association des paralysés de France (APF) et la Fondation Édith Seltzer, la journée nationale des aidants est devenue semaine départementale dans les Hautes-Alpes en 2019. Pour cette édition 2021, les organisateurs ont pu compter sur le soutien financier (environ 20 000 €, sur un coût global avoisinant les 30 000 €) et logistique du Département et de la Conférence des financeurs. Françoise, chargée de mission Protection des majeurs vulnérables (PMV) du Département, et sa collègue au sein du service Autonomie, Édith, assistante sociale mission PMV, se sont rendues, ainsi, sur les divers stands répartis un peu partout sur le territoire haut-alpin. Bâton de pèlerin en main, elles ont promu le dispositif d'accueillants familiaux, connaissant une vraie crise des vocations et qui, pourtant, peut s'avérer être une vraie soupape pour les aidants. L'Hôtel du Département a accueilli par ailleurs, sur son parvis, la journée de clôture de cette semaine.

Un budget plus spécifique depuis 2020

Mais l'intervention de la collectivité va bien au-delà de tout cela. Co-pilotée par la Département et l'Agence régionale de santé, la Conférence des financeurs - à laquelle participent notamment la Caisse primaire d’assurance maladie, la Mutuelle sociale agricole, l'Agir-Arrco, etc – flèche en faveur des aidants, depuis 2020, un budget de 50 000 € par an (sur une enveloppe annuelle de 400 000 €). De quoi donner corps à un maximum d'initiatives : « informations sur le statut de l'aidant, sur sa santé, sur la manière de se préserver (apprendre à gérer ses émotions…), création de liens sociaux, etc. », énumère Sandrine, chargée de mission prévention autonomie et en charge de l'animation la Conférence des financeurs pour le Département.

Aider et se préserver

Sont également financés à hauteur de 42 000 € la « plateforme des aidants » et des « cafés des aidants » de la Fondation Seltzer. Une à deux fois par mois, ces espaces de parole libérée maillant l'ensemble du territoire haut-alpin et coanimés par un travailleur social du Département, offrent aux aidants une bouffée d'oxygène. Ils peuvent y partager leur expérience, s'informer mais aussi se délester de leur charge mentale : pas facile de voir un proche basculer dans la dépendance, de s'occuper de lui dans les aspects les plus intimes, de monter des dossiers administratifs complexes, tout en gérant son propre foyer. La situation devient encore plus inextricable quand il faut, de surcroît, jongler avec des obligations professionnelles.

Mais pour solliciter de l'aide, encore faut-il avoir conscience d'être concerné. Là, le bât blesse. Les aidants qui s'ignorent sont légion. Un constat aussi bien partagé par Cédrik Carotte, directeur territorial de l’APF pour les Alpes du sud.

Pourtant, la loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées pose noir sur blanc le statut d'aidant familial. Sont donc aidants toutes les personnes accompagnant un proche atteint d'une maladie chronique, souffrant d'un handicap ou en situation de dépendance.

Cela vous rappelle votre propre situation ? Alors ne perdez pas de temps, allez sur le site de la plateforme des aidants de la Fondation Seltzer, poussez la porte d’une Maison des solidarités ou de la Maison de l’autonomie.

« Il est important que les aidants se fassent aider. Il n'est pas rare que certains tombent malade, à force de trop donner de leur personne », confie Sandrine. N'attendez pas !