Zoom sur… les agents en charge de contrôler les stations d’épuration

Ils sont trois et interviennent dans le cadre du Service d’assistance technique à l’exploitation des stations d’épuration (Satese) - mission intégrée dans IT05 - pour visiter plus de 200 stations d’épuration, où finissent toutes nos eaux usées.

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Ils se confrontent à ce que nous portons en nous de plus intime : nos déjections, les impuretés dont nous nous défaisons en prenant une douche, la saleté de nos vêtements passés à la machine… Un voyage en eaux troubles qui passe par la case station d’épuration, ô combien capitale : « Leur bon fonctionnement conditionne la qualité des eaux qui retournent dans le milieu naturel. Raion pour laquelle nos visites sont primordiales », souligne Stéphanie, technicienne eau et assainissement. Lors de sa tournée dans le Buëch, elle devra passer au crible six équipements de petite envergure.

202 stations à l’œil

Au total, le Département veille sur 202 stations (sur les 239 que compte le territoire). Nombre qui augmentera en 2021 avec l’adhésion de la communauté de communes du Briançonnais au dispositif IT05. Et qui sera synonyme d’une forte hausse de la charge de travail pour les agents du Satese, qui doivent, par ailleurs, assurer d’autres missions.

Après une heure de route, les maisons du premier village au programme s’invitent dans le paysage. Au bout d’un chemin cahoteux, un champ et un portail vert. En contrebas, deux bassins plantés de roseaux, enfin plus ou moins pour certains. « Les concepteurs de ce type de station vendent parfois à leurs clients un système en quasi-autogestion. Ce qui n’est pas tout à fait vrai. « Ces dernières permettent effectivement d’atteindre un rejet conforme aux normes réglementaires, mais peuvent nécessiter des travaux de jardinage, chronophages et fastidieux. Les petites communes, qui ont décidé d’opter pour une gestion en régie, ne disposent pas toujours des effectifs suffisants. Or, un défaut d’entretien peut, à terme, mettre en péril le bon fonctionnement de l’équipement », confie Stéphanie, qui, lors de sa tournée, fera à plusieurs reprises le constat de surdimensionnements, problématiques pour la pérennité des installations.

C’est alors qu’elle se saisit d’une perche télescopique munie d’une louche qui servira aux prélèvements. Un litre en entrée de station (provenant tout droit des égouts) et deux litres en sortie. La tâche lui demande parfois quelques contorsions, auxquelles s’ajoute le risque COVID, le Sras-CoV-2 étant potentiellement présent dans les eaux usées.

En fin de journée, ces échantillons, conservés au frais dans un frigo spécifique installé à l’arrière de son véhicule de service, seront conduits au Laboratoire départemental vétérinaire et d’hygiène alimentaire. Une fois analysés, le verdict tombera et figurera dans le rapport que Stéphanie rédigera, un pour chaque équipement visité. Elle y inscrira également noir sur blanc ses préconisations (désherbage, ratissage des boues d’épuration, taille des roseaux…).

Matière nauséabonde

Pour ce qui est des fosses toutes eaux et des décanteurs, aucune analyse d’eau au rendez-vous. Changement d’outil. Stéphanie s’arme, alors, d’une sonde permettant d’évaluer la quantité de boues accumulées en fond d’ouvrage. À l’aide d’un bâton, Stéphanie doit alors frayer un chemin à son instrument, opération pouvant dégager une odeur parfois nauséabonde. Cœur bien accroché indispensable ! Passée une certaine quantité, l’exploitant devra procéder à la vidange de ses installations.

Il arrive parfois, que des élus accueillent Stéphanie. Et là, autant dire que les questions techniques pleuvent. Avec patience et une réelle implication, Stéphanie prend le temps de leur répondre, de leur apporter quelques conseils et même de faire le lien avec les agents de la police de l’eau. « Ces visites sont vraimentimportantes pour nous. Elles nous permettent de savoir si ce que l’on fait est bon ou pas. L’assainissement est un domaine ultra complexe », souligne Gilles Mostachetti, édile de Montjay, soulagé du service que lui apporte Stéphanie et ses collègues.


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