Le château de Montmaur au fil des siècles

Les monuments et sites seront à l’honneur le 18 avril. L’occasion de demander au Cedra de nous ouvrir les portes du château de Montmaur, classé Monument historique depuis 1988. Suivez le guide pour une visite privilégiée.

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« J’allais le soir même chez Madame de Volanges […], je lui fis confidence […] qu’il existait entre sa fille et Danceny une liaison dangereuse. » Une indiscrétion qui aurait pu être couchée sur le papier de la main même de Madame de Montmaur, intrigante de salon. Dans ses Liaisons dangereuses, Laclos, nous invite, en effet, dans l’esprit de Christine Félicité de Loys de Loinville, passée maître dans l’art du persiflage. Non pas que l’aristocrate « haut-alpine » se retrouve trait pour trait dans le personnage de la marquise de Merteuil, mais l’inspiration est indéniable.

Et c’est sans doute depuis sa chambre, les yeux rivés sur les sommets du Dévoluy, que la libertine entretenait, par la plume, ses intimes de ses ébats, perfidies et autres manipulations, dont Laclos s’est semble-t-il délecté.

Une histoire qui remonte au moins au XIVe siècle

Mais le château de Montmaur, dont les premières occurrences remontent au XIVe siècle, ne se résume pas à la sulfureuse Christine Félicité.

De l’aspect originel de la demeure seigneuriale ne reste plus grands vestiges, si ce n’est les sous-sols, ou rez-de-chaussée « primitif » du château. Désormais inaccessible au public, ce dernier abrite ce qui a sans doute été, au Moyen Âge, une cuisine où s’affairaient des vassaux pour le plaisir de leurs maîtres. En attestent cette immense cheminée et ce four à pain.

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Maîtres qui ont su préserver leur château des tourments de l’histoire, à l’image du baron Balthazar de Flotte qui, à la fin du XVIe siècle, contractait alliances avec catholiques et protestants, protégeant Montmaur des guerres de Religions. C’est d’ailleurs en pleine Renaissance que le château change de visage, aussi bien au niveau de son architecture que de sa décoration que l’ont peut encore admirer aujourd’hui, s’agissant des cheminées, pour certaines en gypse (abondant dans la région), ornées de sphinges (pendant féminin des sphinx), ou encore de cet ensemble de cinq portes en noyer représentant des symboles énigmatiques et une créature, vieillissant de l’une à l’autre.

Le temps qui passe semble revêtir une importance particulière à Montmaur. Direction la salle des festins. Sous un magnifique plafond à la française, une frise de style Renaissance. La « fresque des festins », que l’on aurait presque envie de rebaptiser des destins, puisqu’invitant le visiteur à remonter le temps jusqu’à Adam et Eve, tout en accompagnant ses personnages dans l’âge avançant.

Les Résistants du groupe la Chaine

Dans cette même salle, les flâneurs feront un bon de plusieurs siècles en posant le regard sur une plaque à la mémoire « des camarades » du réseau de Résistance la Chaine, fondé par Antoine Mauduit qui louera le château de Montmaur à partir de 1942 pour y accueillir prisonniers de guerres, évadés et militaires démobilisés. En parallèle, les membres du réseau se perfectionneront dans l’art des faux papiers et prêteront main-forte aux maquisards œuvrant alentour. Durant cette période Michel Cailliau, neveu du général de Gaulle, passera par le château, ainsi que François Mitterrand.

Le château de Montmaur recèle bien d’autres joyaux et pans de l’histoire que le public pourra découvrir dès que les circonstances sanitaires le permettront.



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