Au commencement est l’Agence routière départementale

La mi-novembre marque le top départ de la viabilité hivernale. Une période cruciale pour les agents des routes qui, accompagnés de saisonniers et déneigeurs volontaires, maintiennent le réseau routier opérationnel, vaille que vaille. Leurs principales armes ? D’imposants chasse-neige et saleuses tout droit sortis des ateliers de l’Agence routière départementale. Bienvenue dans l’envers du décor.

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Un géant d’acier, le moteur à découvert. Comme un guerrier blessé, éprouvé par le combat. Autour de lui, les mécaniciens de l’impressionnant atelier de mécanique de Gap s’affairent. Lui, chasse-neige arpentant le col du Lautaret, l’un des points les plus sensibles et extrêmes des Hautes-Alpes au cœur de l’hiver. Un problème de moteur, « une fuite au niveau des culasses », précise Alain Pascal, responsable de l’Agence routière départementale (ARD). Une fois les joints changés et la pièce remontée, « nous avons vérifié tout le circuit de refroidissement, révisé le radiateur et changé la pompe à eau », détaille Éric Mouton, responsable de l’atelier gapençais. Après une bonne dizaine de jours de convalescence, le colosse de métal sera hissé sur une remorque et convoyé jusque chez lui, au centre technique de Monêtier-les-Bains.

Faire des miracles

Soudain, une odeur de métal chaud vient masquer les émanations d’huile. Un peu à l’écart, Rodolphe Guillomon, chaudronnier soudeur, joue de l’étincelle derrière son masque de protection, pareil à un heaume. Au bout de son outil, l’entrave d’une « unité mixte » (engin capable de déneiger et saler la chaussée en même temps) qui, visiblement, a rendu de nombreux services. « C’est la partie de l’atelier où l’on demande parfois aux agents de faire des miracles », confie, avec un brin de fierté dans la voix, Alain Pascal.

À l’opposé, Aymeric Roure, arrivé il y a quelques mois, est en train de finir d’équiper un camion benne d’une nouvelle saleuse. Encore quelques gaines de protection à fixer autour de longs câbles électriques et l’engin sera relié au poste de commandes installé dans la cabine. Ne restera plus qu’à « étalonner » la saleuse, histoire de bien calibrer les quantités de sel et « les optimiser dans le but de limiter l’impact sur les infrastructures et l’environnement », souligne Alain Pascal.

Depuis le printemps dernier, la vingtaine de mécanos de l’ARD a commencé à passer en revue détaillée l’ensemble des 37 chasse-neige (une cinquantaine en comptant ceux de secours) sans oublier la cinquantaine de saleuses et véhicules mixtes.

Voir l'image en grand Viabilité hivernale - Chiffres clés - Hiver 2020/2021

« Disponibles H24 »

Durant toute la période de la viabilité hivernale (VH), les agents des routes et déneigeurs volontaires pourront compter sur leurs collègues mécaniciens « H24 ».

Le pire cas de figure à envisager ? « Un engin qui casse à 22 heures en pleine tempête du côté du Lautaret. Là, on est couché sous le moteur, tout mouillé dans le froid et le vent », racontent en chœur Éric Mouton et Alain Pascal. En cas de panne trop importante, l’engin est conduit à Gap, dans l’atelier principal de l’ARD. Outre le garage gapençais, les hommes de l’ARD couvrent l’ensemble du territoire (Eygliers, Briançon, Saint-Bonnet-en-Champsaur, Laragne).

En parallèle de la VH, les agents de l’ARD continuent d’assurer le courant (réparation et entretien de l’ensemble de la flotte du Département). Dans ce système, les agents responsables du « magasin » veillant sur l’approvisionnement des pièces, jouent un rôle stratégique.

Durant les prochains mois, chacun veillera à être à la hauteur de la devise du service : « Ne jamais laisser un engin sur le bas-côté. Tout faire pour qu’il reparte ! »


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