Le laboratoire départemental vétérinaire au coeur de la bataille contre la Covid-19

Alors que l'épidémie de Covid-19 n'a pas encore atteint son pic, les équipes du laboratoire départemental vétérinaire et d’hygiène alimentaire multiplient les tests afin de démasquer le virus dans les prélèvements qui lui parviennent de toutes les Hautes-Alpes. Reportage.

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Identifier son ennemi pour mieux le combattre. Dans les Hautes-Alpes, seul le laboratoire départemental vétérinaire et d’hygiène alimentaire dispose des capacités techniques pour démasquer la Covid-19.

Début mai, la « cellule Covid » entre en action pour analyser des échantillons provenant des hôpitaux de Gap, Briançon, Embrun et Sisteron. Depuis peu, l’entité départementale prend également en charge les prélèvements des laboratoires d’Anabio 05. En une semaine, 1 500 tests sont réalisés rue du Silos à Gap.

Dans d’infimes précautions, les « écouvillons naso pharyngés » tout juste prélevés sont déposés dans une salle hermétique. À l’intérieur, pas plus d’un technicien à la fois. Dans une tenue inconfortable mais ultra sécurisée (charlotte, masque FFP2, combinaison, surchaussures, lunettes et gants doublés), une technicienne rend le SARS-CoV-2 potentiellement présent inactif. Les manipulations se font sous une espèce de hotte géante renforcée d’une plaque de protection qui ne laisse passer que les mains.

Voir l'image en grand Dans une salle hermétique, le virus est rendu inoffensif.

Phase 2. Les échantillons sont conduits dans une pièce voisine. Là, trois gènes de la Covid-19 sont traqués. Si deux sont repérés, le test est positif. Afin d’éliminer toute source d’erreur, sont utilisés des témoins, deux positifs et un négatif. Les prélèvements sont ainsi placés dans une imposante machine, « l’amplificateur ». Une bonne heure plus tard, la machine livre ses résultats. Après leur interprétation par les techniciens, le verdict tombe.

Pas le temps de souffler

Pas le temps de souffler, il faut enchaîner. « Il y a un vrai caractère d’urgence à donner les résultats », explique Florence Dufour, technicienne. Grâce au travail de la « cellule Covid », les délais d’attente sont ainsi passés de 7-5 jours à 2-3 jours.

Malgré ces bons résultats, le stress reste fort : « On se dit souvent, ‘‘il ne faut pas que je me trompe’’ », confie Alexandra Cartet, recrutée pour l’occasion.

Dans ce contexte, Dominique Gauthier, directeur du laboratoire départemental, attend avec impatience la mise au point de nouveaux tests plus rapides, histoire de relâcher un peu la pression. D’autant plus que les tests Covid s’ajoutent aux missions habituelles du laboratoire dont l’activité grimpera d’ici peu en flèche avec l’arrivée prochaine de milliers d’échantillons animaux.

Voir l'image en grand Florence Dufour, technicienne de laboratoire traque les gènes de la Covid-19.

Voir l'image en grand Les prélèvements sont passés par une trappe spéciale pour rejoindre la salle où se trouve "lamplificateur".

Voir l'image en grand Chaque prélèvement fait l'objet d'une interprétation.



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