Schéma départemental du sport

A l'occasion de la réunion du Conseil départemental, mardi 2 février, le Département s'est doté d'un nouveau schéma du sport ! Un document qui cadre et détermine l'action que mènera le Département dans ce domaine dans les prochaines années.

Le précédent schéma datait de 2010 et depuis, les pratiques et les attentes des sportifs ont évolué. Le Département s'adapte à ces nouvelles demandes et est toujours prêt à répondre aux besoins des Haut-Alpins.

Ce nouveau schéma affiche clairement l'objectif de l'ouverture. A plus de sportifs, à plus de pratiquants, à plus de disciplines et met un accent particulier sur les sports de pleine nature.

Un nouveau schéma du sport, fruit d’un travail collaboratif

Les acteurs du sport ont échangé leurs idées lors des ateliers d'octobre 2020.Le nouveau schéma du sport, voté lors de la dernière session départementale pour la période 2021-2025, est une véritable révolution. Un plan élaboré en concertation avec les acteurs du monde du sport haut-alpin.

« Le précédent schéma du sport, qui remontait à 2010, n’était plus en adéquation ni avec la législation ni avec les besoins actuels », analyse Daniel Galland, vice-président en charge du Sport et des Grands événements. Un bon coup de plumeau d’autant plus justifié que près d’un tiers des Haut-Alpins détiennent une licence dans un club. À cela s’ajoutent les férus de randonnées, de ski ou d’escalade non affiliés à une structure. En bref, les Hautes-Alpes peuvent se targuer d’être le département le plus sportif de la région Provence-Alpes Côte d’Azur.

En parallèle, « le sport est devenu un enjeu de société majeur et transversal. Ses activités contribuent à l’éducation, à la culture, à l’inclusion, à la santé et à l’attractivité de notre territoire », peut-on lire dans ce nouveau schéma prévu pour la période 2021-2025.

Les acteurs du sport réunis en ateliers

Conscients de ces nouveaux défis, les conseillers départementaux lancent la machine fin 2019, ralentie dès mars de l’année suivante par la crise sanitaire et le premier confinement. Initialement prévu en septembre 2020, le nouveau schéma du sport sera finalement voté en février 2021, venant clôturer une phase de travail en plusieurs étapes : été 2020 un questionnaire a été envoyé à l’ensemble des acteurs du mouvement sportif afin de répertorier leurs attentes et établir un bilan de la situation. Les 5 et 6 octobre, s’en sont suivis des ateliers collaboratifs réunissant des représentants des clubs et fédérations, des collectivités locales, sans oublier le comité départemental olympique et sportif et les organisateurs d’événements sportifs.

Ce qu’en ont pensé les participants ? « Nous avons pu exprimer nos problématiques, nos demandes et formuler des idées pour l’étape d’après », se félicite Gilles Brochier, président du Comité des Hautes-Alpes d’athlétisme. Pour Franck Prigent, directeur du mondial de l’escalade, cette démarche se base « sur un travail de réflexion commune » dans l’optique d’unifier les pratiques, jusque-là disparates et parfois un peu obscures.

Prioriser les actions les plus urgentes

Avec le soutien de l’Observatoire régional, le Département s’est saisi de ces propositions pour rédiger le nouveau schéma du sport basé sur quatre grands axes : promouvoir le sport de haut-niveau ; le sport un outil d’animation et d’attractivité des territoires ; permettre un accès à la pratique sportive au plus grand nombre et assurer un développement maîtrisé des sports de nature.

« Ces ateliers nous ont permis de prioriser nos actions (ouverture d’une bourse aux sportifs ne figurant pas sur les listes ministérielles, aboutissant à un plus large soutien aux sportifs de haut niveau) et ont fait émerger des éléments auxquels nous n’aurions pas forcément pensé seuls (charte des bonnes pratiques dans le domaine de l’organisation d’événements sportifs) », confie l’élu.

Si l’ensemble du schéma ne pourra pas entrer dans une phase opérationnelle du jour au lendemain, certains effets se font déjà ressentir. Qu’il s’agisse de la création d’une véritable synergie entre les acteurs, née de leurs rencontres et échanges ; de l’opportunité pour le Département de réaffirmer sa position de leader ou de la mise en place d’un cadre plus clair, notamment en matière de subventions.

Des actions visibles dès 2021

Histoire d’aller plus loin dans le concret, ce schéma s’accompagne de 13 fiches actions. Certaines deviendront réalité dès 2021.

Le service Jeunesse et sports est déjà à pied d’œuvre pour faire en sorte que le Département devienne un véritable appui pour les champions de demain. « Nous sommes en train de cibler, avec le concours des fédérations et autres comités, les athlètes locaux qui participeront aux Jeux olympiques (JO) de 2024. L’idée est de proposer à cinq d’entre eux une convention de partenariat afin de leur apporter un gros coup de pouce. Nous allons identifier leurs besoins afin de les satisfaire au maximum. En contrepartie, nous pourrions leur demander d’intervenir, pourquoi pas, au sein de la Maison départementale de l’autonomie, ou auprès de jeunes. Il y aura une première vague pour les JO 2024 d’été, suivra celle des JO d’hiver et ainsi de suite », explique Daniel Galland, vice-président en charge du Sport et des Grands événements.

Transition écologique

2021 marquera aussi le début de la rédaction d’une charte de bonnes pratiques au regard de l’organisation d’événements sportifs, le tout dans une logique de transition écologique. L’objectif est d’inciter les organisateurs à intégrer une dimension de développement durable afin de faire en sorte que leurs événements soient plus en accord avec le respect de l’environnement et de la biodiversité tout en favorisant l’implantation et l’économie locales.

Côté subventions, la volonté est de mettre en place des contrats d’objectifs pluriannuels : « Main dans la main avec les comités, les ‘‘têtes de réseaux’’, nous déciderons de flécher ces aides dans le but de contribuer au développement des différentes disciplines sur le territoire. De manière à permettre à chacun, y compris les personnes les plus éloignées du sport (pour raisons sociales ou économiques, en lien avec des problèmes de mobilité, ou relevant d’un handicap), d’accéder plus facilement au sport. Nous pourrons aussi mieux maîtriser notre politique de subventions, et savoir exactement à quoi ces dernières ont servi, s’agissant d’argent public », souligne l’élu.

À plus long terme, le schéma œuvrera pour plus de « transversalité » en ce qui concerne la sortie de terre de nouveaux équipements sportifs. Acteurs du sport et collectivités locales seront ainsi amenés à se réunir autour d’une table avec le Département, afin de déterminer l’emplacement optimum d’une nouvelle installation ». À titre d’exemple : la création d’une piste de ski roue qui servirait hors période de neige. De quoi éviter aux athlètes de partager la route avec les automobilistes lors de leurs entraînements.

Une place de choix donnée à la nature !

Dans les Hautes-Alpes, sport et sports de nature sont « connectés ». Raison pour laquelle le nouveau schéma du sport prévoit une refonte du Plan départemental espaces, sites et itinéraires (Pdesi).

Mettre sur pied un Pdesi efficace et plus cohérent, passe par une renaissance de la Cdesi, commission qui en a la charge. L’objectif ? Permettre au Département de jouer le rôle que la loi du 6 juillet 2000 lui a confié : « favoriser le développement maîtrisé des sports de nature ».

Jusque-là simple « chambre d’enregistrement », la Cdesi a vocation à devenir un véritable outil de concertation, de coordination, voire de formation des différents acteurs.

Elle devra, par ailleurs, donner son accord pour qu’un nouveau site soit intégré au Pdesi (sur fondement de critère objectifs et clairs : accessibilité, impact environnemental, mesures de sécurité).

De quoi « redorer le blason de cette ‘‘marque’’ et mettre à l’honneur des sites moins emblématiques mais tout aussi importants », s’enorgueillit Marine Michel, vice-présidente en charge du Pdesi.

« Il n’y a pas que le ski et la randonnée ! »

Le Département se tiendra, aussi, aux côtés des collectivités qui voudraient créer un nouveau site par le biais d’IT05, et des organisateurs d’événements (protection des joyaux naturels hauts-alpins oblige).

L’objectif est aussi de prendre en compte les changements climatiques : certains sites accessibles aujourd’hui ne le seront plus forcément demain.

Cette veille et une connaissance maximum du territoire sera rendue possible grâce à la création d’un Observatoire des sports de nature. Ce dernier aura également « vocation à communiquer sur ce qu’est l’ADN de ce type de sports dans les Hautes-Alpes », détaille l’élue. Et de préciser : « Il faut que nous parvenions à faire savoir à tous que chez nous, il n’y a pas que du ski et de la randonnée ! » Un rayonnement facilité grâce à l’enrichissement de la base de données Geotreck (application métier alimentée par le parc des Écrins, l’Agence de développement, les communautés de communes…) servant d’assise au site Alpes rando. Ne reste plus qu’à donner corps à cette belle feuille de route.