Suivi de la qualité des cours d’eau

Le Département des Hautes-Alpes s'est engagé, depuis 2004, dans un programme de suivi de la qualité des cours d'eau du département.

10 ans de suivi de la qualité des cours d'eau

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Ce réseau de suivi vient compléter les réseaux nationaux et européens car auparavant les connaissances de la qualité de l’eau reposaient sur des données fragmentaires ou ponctuelles.

L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et la Région Provence Alpes Côte d’Azur soutiennent financièrement cette opération. Electricité de France et Météo France concourent également par la fourniture d’informations nécessaires à l’interprétation des résultats. Et depuis 2014, IRSTEA vient en aide au réseau de suivi pour l’interprétation des données hydrobiologiques.

                               

Le réseau en quelques chiffres :

  • 126 stations de mesures avec une fréquence de prélèvement annuelle sur 35 à 40 stations.
  • Plus de 500 prélèvements d’invertébrés.
  • Plus de 11 500 données d’analyses et de mesures sur le terrain.
  • Plus de 600 jaugeages à pieds (débits).
  • Deux agents responsables de ce suivi au service Ressources Naturelles et Risques gèrent le réseau de suivi avec l’assistance technique du bureau d’étude Gay environnement (Jean-Charles BENEDETTI). Pour obtenir les analyses complètes, vous pouvez retourner ce formulaire au service du Département.

Quels sont les objectifs de ce suivi ?

Les Hautes-Alpes sont connues dans toute l'Europe pour la beauté des paysages. Plus de 69% des touristes pratiquent une activité sportive et parmi eux, plus de 10% se rapprochent des cours d'eau et des lacs pour les sports d'eau vive. Le département offre plus de 500 km de rivières navigables pour tous les niveaux dans des paysages somptueux et variés.

Ces rivières préservées sont également des sites exceptionnels pour la pêche ; en famille, au bord du Lac de Serre-Ponçon... à la mouche dans les eaux agitées de la Durance... 17 000 cartes de pêche ont été délivrées en 2014, soit une augmentation de 10% par rapport à l'année 2013.

Pour préserver leurs rivières, les collectivités poursuivent leurs efforts dans domaine de l'assainissement.

Le suivi départemental est destiné à :

  1. Vous informer sur la qualilté des cours d'eau haut-alpins ;
  2. Compléter à l'échelle locale les réseaux de suivi nationaux qui visent à donner une image de l'état général des milieux, notamment pour le rapportage à l'échelle européenne ;
  3. Evaluer l'amélioration de la qualité des cours d'eau haut-alpins au regard de l'investissement des collectivités dans le domaine de l'assainissement ;
  4. Identifier les altérations et suivre leur évolution ;
  5. Fournir aux bureaux d'études des données sur les milieux aquatiques pour évaluer l'impact des aménagements dans le cadre de la définition d'un projet.

Comment est-il réalisé ?

Les prélèvements et analyses :

Voir l'image en grand Prélèvement d'invertébrés et mesure de débit

Les agents du Département effectuent les prélèvements (d’eaux, de sédiments, d’invertébrés aquatiques…) selon les normes en vigueur. Les analyses sont confiées au Laboratoire Départemental Vétérinaire et d’Hygiène Alimentaire.

Les mesures de débits au micro-moulinet ou au courantomètre sont effectuées en complément des prélèvements pour la prise en compte des conditions hydrologiques lors de l’interprétation. Les jaugeages sont réalisés selon la méthode d’exploration des champs de vitesses.

 

Le traitement et l’interprétation des résultats :

Préambule : L’évaluation de la qualité d’un cours d’eau est particulièrement complexe car elle doit intégrer de très nombreux paramètres (physico-chimiques, biologiques, physiques…) avec des interactions qui font toujours l’objet de travaux de recherche scientifiques. Les prélèvements réalisés dans le cadre du suivi de la qualité ne reflètent qu’une partie de la réalité et sont l’image de l’état du cours d’eau à un instant donné.

Depuis le début du suivi en 2004, plusieurs systèmes d’évaluation de la qualité des cours d’eau ont été employés. Entre 2004 et 2010, l’évaluation reposait sur le SEQ élaboré en 1992 par le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement et les Agences de l’eau. Ce système d’évaluation comprenait trois volets :

  1. Un volet "Eau", le SEQ Eau, pour évaluer la qualité physico-chimique de l'eau des cours d'eau et son aptitude aux fonctions naturelles des milieux aquatiques et aux usages ;
  2. Un volet "milieu physique", le SEQ Physique, pour évaluer le degré d'artificialisation du lit mineur, des berges et du lit majeur ;
  3. Un volet "Biologique", le SEQ Bio, pour évaluer l'état biologique, plus exactement l’état des biocénoses.  

Depuis 2010, les données sont traitées à partir de grilles établies dans le cadre de la DCE et issues de l’arrêté du 25 janvier 2010 « relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des articles R.212-10, R.212-11 et R.212-18 du Code de l’Environnement ». Cette directive sur l’eau fixe les objectifs et les méthodes pour atteindre le bon état des eaux d’ici 2015 (voir http://www.eaufrance.fr).

Pour les eaux superficielles, l’objectif de bon état ne peut être atteint qu’à la condition de justifier à la fois d'un bon état écologique et d'un bon état chimique.

Le bon état écologique est caractérisé par le faible impact des activités humaines permettant le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Il est évalué sur la base de paramètres biologiques prenant en compte différents types d’organismes (macrophytes, poissons, diatomées et macro-invertébrés), et de paramètres physico-chimiques (azote, phosphore, température, pH, substances spécifiques,...) pouvant mettre en péril la qualité des milieux.

Les seuils définis pour déterminer les classes d’état de chaque paramètre sont basés sur des situations de référence adaptées à chaque masse d’eau et faisant l’objet d’une harmonisation au niveau européen.

Précisions pour la lecture des cartes et graphiques :       

Les résultats par année (cartes) et interannuels (graphiques) sont téléchargeables sur cette page, dans la colonne en haut à droite de l'article.

  • L’interprétation des données est faite par année et non sur deux années glissantes comme cela est effectué par l’Agence de l’eau pour le rapportage à l’Europe. Quelques différences sont donc possibles avec le portail EauFrance (http://www.eaufrance.fr/).
  • Pour l'évolution interannuelle, la proportion (en %) correspond au nombre de stations classé dans chacune des catégories de qualité. Le nombre de stations suivies est variable chaque année, aussi un pourcentage affiché doit être relativisé au nombre total de stations de l’année concernée. De plus chaque année un bassin versant est détaillé en complément du réseau permanent, ce qui peut pénaliser ou avantager le diagnostic annuel selon la spécificité des stations ajoutées.


« Etat DCE » :

  1. Cet état correspond à « l’état écologique » ;
  2. Le « très bon état » n’est pas attribué en raison de l’absence de valeurs seuil pertinentes fixées pour l’hydromorphologie.

« Etat selon les nutriments » :

  1.  Les nutriments regroupent les composés azotés et phosphorés.

Maison Régionale de l'eau Plécoptère« Etat selon les invertébrés » :

  1.  Les invertébrés sont les insectes, mollusques, crustacés… vivants sur le fond des rivières et plus ou moins sensibles aux différentes formes de pollution.

Bilan synthétique des 10 ans

La DuranceL’état DCE des cours d’eau haut-alpins est globalement « bon » sachant que le « très bon » état n’est pas attribuable en raison de l’absence d’une méthode adéquate pour qualifier l’hydromorphologie. L’analyse globale montre cependant une amélioration  progressive de la qualité des cours d’eau depuis 10 ans.

L’état selon les invertébrés est une composante essentielle de l’état DCE et reflète bien la particularité des cours d’eau de montagne. Les peuplements d’invertébrés sont en effet soumis aux grandes variations de débits artificielles ou naturelles avec des contrastes importants (crues dévastatrices, étiages sévères, éclusés…). Pourtant les invertébrés les plus sensibles à la pollution sont présents dans les rivières haut-alpines bien oxygénées. Au-delà de l’état indiciel, c’est la diversité et la composition du peuplement d’invertébrés qui donne des indications pertinentes sur la qualité écologique des cours d’eau. Le contexte géologique et la climatologie des bassins versants influencent également l'état selon les invertébrés. L’état est généralement « bon » à « très bon » pour le Drac et le Buëch et oscille entre un état « moyen » et le « bon » état pour la Durance en amont de Serre-Ponçon et le Guil. La Durance en aval de Serre-Ponçon est influencée par les ouvrages hydroélectriques et par les apports des affluents dont la Luye ; son état est «bon» à « moyen » selon les années.

Concernant les nutriments, les résultats sont satisfaisants puisque l’état est « bon » à « très bon » pour les ¾ des stations prélevées sur 10 ans. Comme les points de prélèvements ont été positionnés en–dessous des rejets des stations d’épuration (lors de l’établissement de l’état de référence en 2004-2005), les données relatives aux nutriments mettent  en exergue les mauvais résultats observés sur certains cours d’eau comme la Luye, la Souloise ou le Drac noir. Toutefois les mesures plus en aval montrent un rétablissement progressif de l’état des eaux.

Zoom sur les nitrates

Voir l'image en grand Torrent de Réallon L’analyse détaillée des paramètres individuels, tels que sont les nitrates, permet de mettre en évidence les facteurs les plus défavorables et d'établir les pistes d'amélioration.

Les nitrates ont des origines multiples (intrants pour l’agriculture, rejets des stations d’épuration, dégradation naturelle de la matière organique...). Une concentration excessive favorise l’eutrophisation des milieux aquatiques de plaine qui se marque par une prolifération des algues et une diminution de l’oxygène dissous indispensable aux organismes vivants.

Il est important de surveiller les teneurs en nitrates dans les eaux pouvant avoir une répercussion vis-à-vis de la réglementation sur l’agriculture et l’alimentation en eau potable.

Gap, Rambaud et Saint-Laurent-du-Cros font désormais partie des zones vulnérables selon la Directive européenne nitrates. Le suivi de la qualité des cours d’eau permet d’apporter des éléments contradictoires.

Les moyennes annuelles durant les 10 années de suivi sont toutes inférieures à 10 mg/l correspondant au « très bon état » selon la grille DCE. 

L’analyse des concentrations maximales indique une seule valeur au-dessus de 50 mg/L (limite du « bon état ») sur le Drac en aval d’Orcières durant l’hiver 2008. La mise en route de la modernisation de la station d’épuration en 2007 peut justifier que son fonctionnement ne soit pas encore ajusté un an après, notamment lorsqu’il s’agit d’étage biologique avec la nécessité d’activer les lits bactériens de manière anticiper aux besoins.

D’autres fortes valeurs, entre 10 et 50 mg/L, sont également observées par exemple sur la Luye en aval de Gap et le torrent des Moulettes à Chorges. Ces valeurs élevées, observées en aval des rejets de station d’épuration, s’expliquent par la concomitance de deux évènements. D’un côté, la population augmente avec l’arrivée de touristes et de l’autre le débit des cours d’eau atteint son plus bas niveau (débit d’étiage). Dans ces conditions, l’adaptation du fonctionnement des stations d’épuration aux fluctuations de population n’est pas aisée à gérer d’autant que les petits cours d’eau ont un potentiel limité de dilution et d’autoépuration.

Reportage

Hôtel du Département

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